2008 : année charnière pour le lait

Ces dernières années, l’application de la politique européenne en matière agricole a eu tendance à faire baisser le prix du lait payé aux éleveurs. Mais en 2007, le marché a connu des variations inattendues : en une année, le prix moyen est passé de 300 e la tonne de lait à 360 e. Frédérique Chausson, en adoptant un point de vue international, a avancé plusieurs raisons à cela. D’une part, la demande de la population mondiale en matière de lait ne cesse de croître.  » C’est un produit à la mode, notamment pour des pays comme la Chine et l’Inde « , explique Frédérique Chausson. D’autre part, on note un assèchement du marché dû aux sécheresses qu’ont traversé certains pays dont l’Australie et la Nouvelle-Zélande. On remarque également une baisse importante des collectes en Europe. D’autres éléments interviennent, comme l’envolée des prix des céréales qui entrent dans l’alimentation du bétail.
Mais derrière cette hausse se cache un véritable problème : la volatilité des cours du lait qui semblent soumis aux aléas de l’approvisionnement. Tout le monde s’accorde à penser qu’il n’y a pour l’instant aucun moyen efficace pour gérer ces fluctuations, sinon de renforcer les politiques agricoles locales.

En 2008, parler de politique agricole revient inévitablement à aborder la question de la suppression des quotas prévue en 2015 par la Commission Européenne. Afin de tendre progressivement vers cet objectif, des augmentations régulières des quotas auront lieu : la première de 2,5% est effective au 1er avril 2008, puis une augmentation de 1% aura lieu chaque année de 2010 à 2014. Mais comme le souligne le président de la FNPL :  » Un avenir sans quota ne veut pas dire un avenir sans régulation. C’est pour cela qu’il faut se battre aujourd’hui !  » Le retrait progressif des pouvoirs publics devra être compensé par une organisation interprofessionnelle forte de façon à conserver un maillage du territoire, à défendre la valeur ajoutée de la branche et à préparer l’avenir économique de la filière. au maintien des prix du lait et donc à celui des revenus des agriculteurs.  » Dans le Doubs « , explique M. Marguet  » la question du territoire a un intérêt social fort : c’est le maintien d’une agriculture de type familial, de traditions et d’un patrimoine culturel avec les AOC, et c’est aussi renforcer des dynamiques laitières mises en place par nos prédécesseurs en matière d’organisation et de transformation, que ce soient des coopératives ou des structures privées à taille humaine. « 
La défense du système français est de loin l’affaire de chaque éleveur qui doit faire prendre conscience à son entourage que ce système peut être remis en question s’il n’est pas largement soutenu. Pour cela, un grande campagne est mise en place par la FNPL, à laquelle on peut dès à présent participer sur
www.jesoutiensleseleveurslaitiers.com

Laura FRANCO.