Conserver un patrimoine exceptionnel ayant une valeur universelle : telle est l’ambition fondamentale du Muséum de Besançon, dont l’action est parfaitement en phase avec l’un des objectifs prioritaires de l’UNESCO : « éduquer pour un développement durable, notamment par le respect de l’environnement et de la biodiversité ».
Retour sur un programme de conservation réussi…
En 2008, dans le Rhône, les travaux de l’A89 engagés par ASF (Autoroutes du Sud de la France) sont sur le point d’impacter deux cours d’eau dans lesquels vit une espèce rare : les écrevisses à pattes blanches. Une espèce protégée au niveau national depuis 1983, extrêmement menacée, puisqu’elle a perdu 90% de son aire de répartition au cours des dernières décennies. Bien sûr, afin de limiter l’impact des travaux, des actions de sauvegarde in situ ont été prévues, mais rien ne peut garantir qu’elles porteront leurs fruits et que les écrevisses survivront. Dès lors, l’ONEMA (Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques), la Fédération de Pêche du Rhône et ASF décident de sauvegarder l’espèce également ex situ, en vue de sa réintroduction à la fin des travaux.
Le Muséum de la Citadelle de Besançon, qui a déjà réussi l’élevage d’écrevisses à pattes rouges ( Astacus astacus), autre espèce patrimoniale, est alors sollicité par le Conseil National de la Protection de la Nature et rejoint l’opération. Après prélèvement dans leur milieu naturel en 2008, 70 géniteurs de chaque ruisseau sont accueillis dans un élevage conservatoire au sein de l’Aquarium de la Citadelle.
Focus sur l’Écrevisse à pattes blanches
–> Crustacé d’eau douce
–> De couleur brun/vert ponctué de nuances de gris, face ventrale pâle, notamment au niveau des pinces d’ou son nom
–> Taille et poids maximaux des adultes : 9 à 12 cm, 30 à 90g
–> Aire de répartition : Ouest de l’Europe. En France, encore présente dans plusieurs régions mais menacée de disparition, avec une régression de sa population d’environ 90% (causes principales : dégradation du milieu et de la qualité de l’eau et compétition avec les écrevisses américaines introduites) –> Espèce très sédentaire ; attachement à son lieu de naissance qui peut lui être fatal en cas de pollution ou de destruction de sa zone
Prévue aujourd’hui 7 mars en fin d’après-midi, la réintroduction des 300 écrevisses à pattes blanches se déroulera sous la surveillance de l’ONEMA et de la Fédération de Pêche du Rhône. Afin de continuer à veiller sur l’espèce, ces derniers assureront un suivi minutieux de 50 écrevisses équipées de puces électroniques.
Au Muséum, l’élevage se poursuit : 1200 œufs sont en incubation et devraient éclore en juin 2011. Enfin, quelques écrevisses à pattes blanches sont présentées au public dans la Ferme Aquacole de la Citadelle de Besançon.
Informations pratiques…
La Citadelle est ouverte au public tous les jours, toute l’année (sauf 25/12 et 1/01)
–> Jusqu’au 26 mars inclus : de 10h à 17h, musées fermés le mardi
–> À partir du 27 mars : de 9h à 18h (19h du 2 juillet au 28 août), musées ouverts le mardi.
Plus d’informations : www.citadelle.com



