Une deuxième naissance rarissime au Muséum de Besançon : un bébé Vari à ceinture blanche

Une seconde nouvelle naissance d’importance au Muséum de la Citadelle de Besançon : un bébé Vari à ceinture blanche (lémurien) prénommé Toky (espoir en malgache) est né le 23 mai dernier.

Le Vari à ceinture blanche est le plus arboricole de tous les lémuriens. Évoluant dans la canopée des forêts humides malgaches, cette espèce frugivore se nourrit en groupes de fruits mûrs qu’elle cueille sur un petit nombre d’arbres choisis soigneusement.
Les varis à ceinture sont de grands lémuriens dont le nom provient de la bande blanche qui entoure leur taille. Il s’agit de la plus rare des sous-espèces de vari noir et blanc.

Aujourd’hui, l’espèce est classée en danger critique d’extinction par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN). On compte moins de 200 individus à l’état sauvage et seulement 105 en captivité.
Les dernières études estiment que cette espèce a perdu 80% de sa population au cours des 20 dernières années. Ses principales menaces sont la perte et la destruction de son habitat (déforestation, culture sur brûlis, exploitation forestière, creusement des mines de charbon et d’or) et la chasse.

À Madagascar, ce lémurien est protégé au sein du parc national de Mananara-Nord, de la réserve spéciale de Nosy Mangabe et du parc naturel de Makira (créé en 2012, une des plus grandes aires protégées de l’Île).

Cette naissance est la première de ce couple, constitué en janvier 2024 (femelle d’Heileberg, arrivée en janvier 2024 et mâle du Parc zoologique de Paris, arrivé en 2019). Cette nouvelle arrivée vient récompenser l’engagement et le savoir-faire unique des équipes du Muséum de Besançon dans la conservation ex-situ (hors de la nature). D’autant plus que cette espèce se reproduit très rarement en parc zoologique. Depuis l’an 2000, 10 naissances de Varis ont eu lieu au Muséum de Besançon et les jeunes sont par la suite partis dans divers zoos européens. La dernière naissance au Muséum de Besançon de cette espèce remontait à 2019.

La reproduction de cette espèce particulièrement vulnérable est très surveillée : des biologistes et des experts mondiaux de l’EAZA (Association Européenne des Zoos et Aquariums), contrôlent la reproduction afin de prévenir la consanguinité et d’assurer la pérennité de l’espèce.
Au sein du Parc zoologique de la Citadelle de Besançon, une équipe interdisciplinaire composée de 25 professionnels (soigneurs, vétérinaires, biologistes) veille également chaque jour sur la santé et l’évolution des animaux. Quant au bien-être animal, il reste une priorité absolue pour les équipes.
En effet, c’est un élément crucial pour permettre aux primates d’exprimer leurs comportements naturels et de favoriser la reproduction. Afin de préserver la tranquillité de la mère, un système de vidéosurveillance a été installé dans les loges pour que l’équipe animalière puisse suivre à distance les premiers jours de vie du nouveau-né.

Face aux interrogations du public sur la légitimité des zoos, le Muséum de Besançon réaffirme l’importance stratégique de l’élevage de sauvegarde dans les établissements zoologiques. Face à la dégradation des habitats naturels à Madagascar qui empêche toute réintroduction immédiate, ces programmes constituent un indispensable «réservoir génétique» vivant. L’ambition finale demeure le renforcement des populations sauvages, dès que les conditions sur l’île le permettront.

La Citadelle soutient financièrement quatre associations à Madagascar qui oeuvrent pour la préservation des milieux naturels malgaches et de la faune présente : Caméleon Center Conservation, Impact Madagascar, AEECL et Helpsimus.
Ces associations soutiennent et sensibilisent les populations locales, réalisent des études scientifiques pour une meilleure connaissance des espèces animales et contribuent à leur conservation. Chaque année, entre 1 000 à 2 500 € sont reversés par association via le Fonds de conservation du Muséum de la Citadelle.

Le jeune primate demeure particulièrement vulnérable durant ses premières semaines. Le nouveau-né fait actuellement l’objet d’une surveillance renforcée de la part des équipes animalières. Son accès aux espaces extérieurs dépendra strictement des conditions météorologiques.