
Villages FM : Comment définir cet ovni « Cirque Plume » ?
Bernard Kudlak : Le cirque plume est une compagnie qui existe depuis 25 ans et qui fait du cirque contemporain… qui fait du Cirque Plume surtout ! Il y a fort longtemps, Henri Miller avait dit que le cirque était un poème en acte. Le Cirque Plume a toujours écrit ses spectacles dans cet esprit là. Une écriture poétique qui fait raisonner nos envies de rigolade, de beauté, d’un monde un peu plus doux, d’être ensemble, de partager la beauté qu’on peut voir en regardant une goutte d’eau au creux d’une feuille. Regarder des choses simples et tellement belles nous amène parfois à l’extase… alors on essaie de partager ça à l’intérieur d’un spectacle.
Villages FM : On parle de l’écriture, de la beauté de la vie mais concrètement, au niveau de la forme, comment traduisez-vous ces expériences ?
Bernard Kudlak : C’est plein d’idées et surtout chaque spectacle va prendre un angle différent. Plic Ploc, il est né à New-York. Quand on y jouait, tout était climatisé. Pour qu’on ait tous un « bon climat », on détruisait celui de la planète… Je me suis dit : si le climat se détraque sous un chapiteau, que le climatisateur à eau commence à fuir sur la scène. Alors on a mis en acte une goutte d’eau qui tombe sur une scène. À chaque fois qu’on a un petit truc qui change, tout peut être transformé. D’ailleurs quand des inondations ne sont pas dramatiques mais juste emmerdantes, finalement c’est la joie qui finit par l’emporter, quand on a accepté que toutes les canalisations aient pété dans la maison, alors on finit par jouer avec ce qui fuit. Les inondations, au bout d’un moment, ça suscite de la solidarité, de la rencontre. Dans le spectacle, c’est un peu pareil et ça permet toutes sortes de jeux.
Villages FM : Quels artistes jouent dans Plic Ploc ?
Bernard Kudlak : La moitié des gens sont depuis longtemps au Cirque Plume. Il y a des musiciens et acteurs de cirque sur des jeux comiques… jongleurs, contortionnistes, acrobates, il y a des numéros aériens, de l’équilibre… Les arts du cirque sont très représentés. Et c’est au sein de cette magie du cirque que s’insinue la goutte d’eau et le cirque en profite pour créer des choses
étonnantes.
Villages FM : Pouvez-vous choisir une scène de Plic Ploc et nous en parler plus en détails ?
Bernard Kudlak : Ah… c’est toujours difficile. Un tout petit truc… l’étonnement d’une fuite d’eau. Alors ça tombe du plafond et un artiste se retrouve tout seul avec une petite gamelle. Il essaie de remplir un seau. L’eau ne coule plus par terre mais il y a un tout petit trou dans le seau et ça continue à fuir. Il essaie de mettre sa main sous cette petite fuite pour re-remplir le seau. Ça ressemble un peu à ce qu’on fait pour l’écologie sur notre planète : au lieu d’arrêter la fuite d’eau on prend l’autre main et on essaie de remettre la goutte d’eau dans le seau ! C’est l’image de notre stupidité vis-à-vis de la planète. Et puis, ça va de catastrophes en catastrophes. C’est un numéro extrêmement drôle qui est né d’une impro d’Alain. Il a fait quasiment du 1er coup cette rencontre entre tous les bidons qu’il avait autour de lui et la fuite d’eau.
Villages FM : Un prochain spectacle est en préparation ?
Bernard Kudlak : Oui, il s’appellera « L’atelier du
peintre » et sortira en mai 2009, ici à Salins très probablement.



