Fêtes de Noël, une longue histoire en Franche-Comté


Premier rituel :
la tournée des quêtes conduite par les enfants. On la trouvait déjà chez les Romains et au Moyen-âge pendant la fête des fous. Pendant toute la nuit, les enfants allaient de maison en maison, en chantant, et récoltaient des salaisons, des fruits secs ou de l’argent, appelé petits sous. Petite particularité à Pontarlier, où leur butin contenait régulièrement des papillotes, des marrons et des oranges.
Le second rituel consistait à allumer des feux et des torches pendant 3 jours, la veille de Noël, la veille du Nouvel an et la veille des rois. « Les feux (ou failles) étaient allumés sur les points dominants des villages. A Montbéliard, ces failles étaient même disposées devant le cimetière » affirme Daniel Leroux, animateur de la revue La Racontotte.

La coutume la plus affirmée en Franche-Comté est la bûche ou tronche de Noël. La veille de Noël, les enfants découvraient le morceau de bois à coté du feu, dissimulé sous une étole. Au retour de la messe de minuit, le père de famille invitaient ses enfants à frapper la tronche (le bois bien sûr !) pour qu’elle sue et qu’elle livre ses cadeaux. Ensuite, les enfants levaient le morceau de tissu et ne découvraient aucun présent, signe qu’ils n’avaient pas été sages pendant l’année. On les invitait donc à sortir de la pièce pendant que les parents, cette fois, déposaient noix, noisettes, dragées, papillotes et autres sucreries sous l’étole. A leur retour, les enfants recommençaient la même opération, avec la surprise cette fois. Un troisième rituel particulièrement moralisateur…

Et quatrième rituel : durant toute l’année, le charbon et les cendres porte-bonheur étaient gardés pour que la puissance surnaturelle empêche la foudre de s’abattre sur la maison… « Si la famille déménageait, elle emmenait avec elle le charbon pour protéger la nouvelle demeure ». Enfin, cette période se prêtait à la personnification des formes surnaturelles.

Un cinquième rituel qui consiste à inventer des personnages qui incarneraient l’hiver et ses fêtes et qui remonte aux coutumes païennes. La personnification qui a tenu le plus longtemps, notamment dans le Haut Doubs, c’est le petit Jésus. Un enfant pur, vêtu de blanc, accompagné d’un âne alors que dans le Nord et l’Est de la Franche-Comté, c’est un tout autre vieillard barbu que celui qu’on connaît. Il s’agît de Saint-Nicolas. « Partout en Franche-Comté, on retrouvait aussi le Père Fouettard, qui a pour rôle d’effrayer ou de punir les mauvais enfants » explique Daniel Leroux. Du côté de Montbéliard, Tante Arie, la justicière récompensait, ou pas, les mérites et les défauts de chacun. On est loin du Père Noël, qui a le beau rôle en donnant des cadeaux à tout le monde ! Un Père Noël qui arrive vers les années 50, après le sapin et la crèche.

L’objectif premier de cette tradition de fin d’année, c’était avant tout de passer d’un cycle à un autre et d’espérer une année meilleure que celle qui venait de s’écouler… Et c’est tout le mal qu’on vous souhaite !