Coordonné par les protagonistes Pierre Duc et Thierry Gallibour, eux-mêmes largement secondés par Isabelle Cuynet, ce joyeux bataillon a fait preuve d’enthousiasme et de ténacité.
Après avoir collecté environ 3000 bouteilles plastiques, les bénévoles ont construit les 310 cadres de bois qui ont permis la flottaison de la truite.
Le travail a ensuite consisté en la pose de bâches à bulles sur les cadres.
L’atelier a alors connu une période d’effervescence où se sont enchaînés les découpes, la peinture et le collage des matèriaux pour aboutir à la phase de dessin de la forme par l’agencement des bouteilles colorées et de mise en couleur des bâches par le collage des adhésifs réfléchissant. La mise à l’eau des 1100m2 qui composent l’installation, assurée par les kayakistes du Club Sportif de Quingey, a soulevé de nombreux problèmes sans pour autant démotiver les troupes.
La nature de cette expérience et les investissements qu’elle induit sont autant de révélations pour ceux qui y participent. Du projet initial à sa des-installation, l’œuvre réunit, fédère des personnes d’univers différents. Elle s’affirme durant sa matérialisation comme un lieu de création du lien social, pour enfin être partagée par tous, passants et passionnés d’art, curieux ou sceptiques.
Le Land Art, c’est-à-dire l’art qui prend forme en dehors du musée ou de la galerie, celui qui s’exprime dans la nature, dans notre quotidien, a cette capacité à communiquer plus directement avec la société. Mais contrairement aux apparences et aux préjugés, ce qu’il donne à voir peut être tout aussi riche et complexe que les œuvres exposées dans les lieux dédiés à l’art contemporain. Entre ces deux mondes, une seule porte.
Pour souvenir, ou pour ceux qui n’auraient pas eu la chance de croiser la Truite, une carte postale a été éditée et mise en vente chez plusieurs commerçants des cantons d’Amancey, d’Ornans et de Quingey.



