En écho à un marché de l’art mondialisé, Jean-Pierre Sergent navigue aujourd’hui entre deux continents, entre deux villes: Besançon et New-York. Ces dernières années, la première ville faisait office de refuge, à l’image du nid familial, tandis que la seconde était celle de l’épanouissement artistique, des rencontres et opportunités. L’installation récente de son atelier à Besançon permettra sans doute la circulation de son travail dans les réseaux français et européen de l’art, et donnera l’occasion aux Francs-Comtois de (re)découvrir une œuvre picturale véhicule d’énergie et empreinte de spiritualité.
Avec ses peintures, Jean-Pierre Sergent nous offre des œuvres à mi-chemin entre un espace de représentation dans lequel les figures s’affirment, et un espace de projection où les signes, les mots, les formes abstraites, par leurs entrelacements, nous renvoient à la présence du corps.
Les dernières séries produites ne laissent aucune place à la matière. Matière et objets ont disparu du travail du peintre au profit d’une planéité où forme et fond se mêlent, où les couleurs s’imbriquent de façon à donner un effet visuel de pulsation, avec des avancées et des récessions. Cette sensation est d’autant plus surprenante que la technique employée, la sérigraphie, a été utilisée par Andy Warhol pour obtenir des images distanciées, dans un style froid, faisant de ses représentations de véritables icônes. Mais la maîtrise de toute technique permettant son dépassement, cette « peinture sans épaisseur », rencontre ici avec audace et violence les figures issues de la culture maya dont le peintre se sent si proche. Appliquée sur plexiglas, la sérigraphie permet une superposition d’impressions d’où jaillissent parfois de façon aléatoire des formes inattendues : le support devient alors « un espace clos, chaotique, éthéré où les énergies se bousculent, s’attirent, s’harmonisent et se détruisent ».
Preuve que la peinture reste un lieu d’expression contemporain pertinent et sans cesse questionné, Jean-Pierre Sergent nous réconcilie avec une forme d’art qui ne parle pas de la vie mais qui en est totalement imprégnée : « Il faut regarder mes peintures non comme des peintures, non comme des objets d’art, mais comme des lieux sacrés de conflits et de création ».
Avec l’exposition des œuvres de Sergent au Restaurant la Table des Halles à Besançon, un véritable festin des sens vous attend : la cuisine franc-comtoise et bourguignonne imaginative d’Emmanuel Dumont, un cadre raffiné, un choix de vins éclairé et la puissance de ces œuvres qui nous ramènent sans cesse aux bruits de la vie.
Pour découvrir plus en détail cette œuvre, rendez-vous sur le site Internet :
www.j-psergent.com ou pour tout contact : 03 81 53 28 87



