Ces villages et lieux-dits où il fait bon y vivre…

Désertification commerciale, délaissement des services de l’État, arrivée du numérique… Autant de problématiques que doit gérer Jean-Pierre Guinchard le maire de Malans depuis son arrivée à la tête de la commune en 2001. « Malans a beau être un village de 150 habitants, il est très difficile à gérer » affirme-il. En effet, impossible de survivre avec l’insuffisante dotation de l’État.

À Malans, il existe donc trois sortes de revenus supplémentaires. Les forêts avec la vente du bois qu’elles contiennent, les locations des terrains agricoles et les quelques appartements loués au village. Des revenus qui ont entre autres permis récemment d’effectuer des travaux d’assainissement ou de réparer le toit de l’église… Face à toutes ces dépenses auxquelles doit faire face la municipalité, le regroupement en communauté de communes (ici celle d’Amancey Loue-Lison) apparaît comme une aubaine. « Elle nous permet d’entreprendre des actions en commun,comme le ramassage des ordures ménagères par exemple…».

Pour Pierre Cointet, retraité de 62 ans résidant sur le territoire de la commune de Malans depuis toujours et propriétaire de la ferme Saint Loup, l’un des trois écarts du village, « Malans c’est un lieu de vie ». Jean-Pierre Guinchard parle lui de « village dortoir ». Malgré ça, « l’ambiance y est bonne» renchérit Pierre Cointet. «De jeunes couples s’installent ici avec leurs enfants. Tout le monde se cause. C’est un village qui vit ! Je ne me sens en aucun cas isolé ». La population de Malans tend à se rajeunir. « Les jeunes reprennent les terrains de leurs grands-parents pour construire, affirme le maire, mais les plus de 60 ans représentent toujours plus de 30% de la population. On est quand même fiers d’avoir une trentaine d’enfants de moins de 16 ans ». Rares sont les professionnels à vouloir s’implanter à Malans. La commune accueille tout de même cinq entreprises : trois entreprises de travaux forestiers, une entreprise spécialisée dans le bâtiment et la dernière dans le dessin industriel ainsi que quatre exploitations agricoles. Pour ce qui est des commerces de proximité, ils sont tout simplement inexistants. Même pas de boulangerie, d’épicerie… la brasserie du village est fermée depuis juillet dernier. Un potentiel repreneur est intéressé, il ne s’agit que d’une question d’évaluation de reprise car le matériel est en place et peut fonctionner rapidement. «Notre souhait est de conserver cette petite brasserie comme activité au village ». Du coup, pour palier à ce manque, les commerçants avoisinants ont mis en place une organisation bien ficelée.Trois fois par semaine une boulangerie ravitaillent les personnes qui n’ont pas la possibilité de se déplacer dans les communes voisines… un marchand de légumes fait également le déplacement. Pour l’école, un système de ramassage est mis en place pour la trentaine d’enfants de Malans scolarisés à Amancey, le chef-lieu de canton situé à 3,5 kilomètres.

Une proximité qui permet aux habitants de ne pas se sentir totalement isolés. Et justement pour sortir de cet isolement, quoi de mieux qu’Internet ? Les 150 habitants peuvent surfer sur la toile, en ADSL s’il vous plaît, depuis quatre ans environ. «Ca s’est trouvé comme ça. On a bénéficié des travaux effectués à Amancey. Mais ce n’était pas une priorité pour nous » affirme Jean-Pierre Guinchard. Le maire souligne tout de même que « c’est un atout considérable pour les entreprises et les exploitations qui peuvent désormais passer leurs commandes plus facilement par exemple».

Autre remède à cet enclavement : l’animation du village. « Les huit associations sont particulièrement actives. Des soirées à thème sont régulièrement organisées, sans oublier la fête de Malans, en août, qui attire chaque année entre 1000 et 1500 personnes, venues de tout le canton. Ajoutons à cela un café avec licence IV qui ouvre tous les dimanches midi depuis 62 ans ! ». On parle également de développer le tourisme. «Notre paysage est un atout.La proximité des vallées de la Loue et du Lison, les sentiers de randonnées sont très appréciés, d’ailleurs deux gîtes de particuliers au village fonctionnent très bien (1 de 5 places et 1 de 13 places). D’autre part le Val Sainte Marie,ancienne abbaye qui a été rachetée par une association allemande peut accueillir 70 places ». Dans le verger et la vigne l’association « le Fossou » a remis en état un ancien sentier de vigneron ce qui permet de voir les murgers des anciennes vignes et quelques escaliers qui y subsistent encore…

Alors oui, il existe des solutions pour lutter contre l’isolement des petits villages ! Et même « si c’est un peu tristounet quand il y a du brouillard» conclut Pierre Cointet, au fond de la vallée, le cadre de vie et le calme donnent à Malans un charme incontestable.