Nouvelle naissance d’un Langur de François au Muséum de Besançon.

La Citadelle de Besançon a accueilli en décembre 2025 la naissance d’un Langur de François, espèce de primate gravement menacée. Un événement rare qui témoigne de l’engagement du Muséum de Besançon en faveur de la conservation de la biodiversité.


Une naissance rare mais récurrente à la Citadelle de Besançon

En décembre 2025, la Citadelle de Besançon a accueilli la quatrième naissance d’un primate appartenant à une espèce parmi les plus menacées au monde : le Langur de François. Cet événement illustre l’engagement constant du Muséum de Besançon en faveur de la préservation de la biodiversité, un enjeu devenu plus crucial que jamais face à l’augmentation continue du nombre d’espèces en danger, tant à l’échelle locale qu’internationale.

Depuis presque 30 ans, le Muséum de Besançon prend en charge des espèces animales rares et sensibles, qu’elles soient locales ou exotiques. Le sérieux, l’expertise et l’implication de ses équipes dans la conservation et la reproduction de ces animaux exigeants sont aujourd’hui largement reconnus, bien au-delà des murs du Parc Zoologique de Besançon.
Cette expertise se traduit par de nombreuses actions concrètes : réintroductions d’espèces dans des habitats restaurés, renforcement de populations sauvages, appui scientifique aux programmes de terrain, actions pédagogiques de sensibilisation du public, soutien financier à des projets de conservation et maintien de populations de sauvegarde en milieu contrôlé.

La présence des Langurs de François au sein de la Citadelle s’inscrit pleinement dans cette démarche. La naissance de ce jeune primate vient donner tout son sens au travail quotidien des équipes du Parc zoologique : soigneurs, biologistes, vétérinaires et écologues oeuvrent chaque jour à la protection du vivant et de son environnement.

Un jeune ambassadeur pour son espèce

À ce jour, les Langurs de François nés dans les parcs zoologiques européens ne peuvent pas encore être réintroduits dans leur milieu naturel en Chine. Le petit né à Besançon joue ainsi un rôle essentiel d’ambassadeur de son espèce, contribuant indirectement à la protection des populations sauvages.

À titre d’exemple, la Citadelle de Besançon soutient régulièrement des associations engagées dans la sauvegarde d’espèces menacées à travers la gestion d’aires protégées, la mise en place de patrouilles antibraconnage ou encore la formation et la professionnalisation des équipes de terrain.

Pourquoi conserver des populations animales en milieu maîtrisé ?

L’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) évalue les risques d’extinction pesant sur les espèces animales et végétales. Des comités scientifiques composés de chercheurs, de membres de l’UICN et de l’EAZA définissent ainsi les espèces à prioriser et à intégrer en programme d’élevage de sauvegarde. Ces programmes s’assurent d’une population captive pérenne par le maintien de sa diversité génétique, le maintien au plus proche de l’expression de leurs comportements naturels, afin de permettre un éventuel renforcement des populations sauvages par la réintroduction si aucune autre solution de préservation n’a pu réussir.

Lorsque la réintroduction immédiate n’est pas envisageable – comme c’est actuellement le cas pour les Langurs de François et de nombreuses autres espèces – cette stratégie permet d’une part de mieux connaître l’espèce (biologie, alimentation, comportements), d’en maîtriser la reproduction, pour mieux la protéger, et d’autre part de créer un réservoir de sauvegarde pour envisager un retour à la vie sauvage à moyen terme. C’est ce pari que font aujourd’hui les parcs zoologiques modernes, dont le Muséum de Besançon, dans un contexte où le public s’interroge de plus en plus sur le rôle des naissances en parc zoologique dans la protection de la nature.

Bien-être animal et diversité génétique : des conditions indispensables à la sauvegarde des espèces

La réussite de ces programmes repose sur un principe fondamental : le respect du bien-être animal. Les individus doivent pouvoir exprimer un large éventail de comportements naturels afin de conserver leur capacité d’adaptation à un futur milieu sauvage. À Besançon, une équipe de 25 professionnels – soigneurs, vétérinaires, biologistes et écologues – veille en permanence à cet équilibre. Depuis 2021, cet engagement est renforcé par la présence d’éthologues (AKONGO, bureau d’étude spécialisés en éthologie animale), soutenus par la Ville de Besançon, apportant expertise scientifique et accompagnement technique.

La diversité génétique constitue un autre pilier essentiel des programmes de conservation. Chaque espèce fait l’objet d’une gestion coordonnée à l’échelle internationale, assurée par un coordinateur et un biologiste spécialisé dans le suivi génétique. Cette coopération scientifique optimise les chances de succès des actions de sauvegarde portées par le réseau des parcs zoologiques modernes.

À noter

Les jeunes primates demeurent particulièrement vulnérables et font l’objet d’une surveillance renforcée de la part des équipes animalières.
Leur accès aux espaces extérieurs dépendra strictement des conditions météorologiques


Zoom sur…

Le Langur de François
Statut UICN, liste rouge : en danger d’extinction
Nombre dans la nature : estimé à moins de 2500, déclin de 50% en 36 ans
Nombre en zoos dans le monde : 160
En zoos en Europe : 58
En France : 5, tous à Besançon
À Besançon : 5 (1 couple et 3 jeunes)
Date d’arrivée des premiers langurs : juillet 2012
Nombre de jeunes nés à la Citadelle : 4

_________
ARCHIVES :

Carnet rose à la Citadelle de Besançon, Le Propithèque couronné
La Citadelle de Besançon accueille un couple de Paresseux
Naissance d’un Lémur couronné au Muséum de la Citadelle de Besançon
Naissance de 3 lions d’Asie à la Citadelle de Besançon
Naissance exceptionnelle de 3 lions d’Asie au Muséum, Citadelle de Besançon