Un événement grave peut déclencher le bouclage de la frontière entre la France et la Suisse, explications…
Accident de train, crash d’avion, recherche de personnes, criminalité organisée… un poste de commandement transfrontalier peut rapidement faire face à une situation de crise.

En guise d’entraînement, les forces de l’ordre françaises et suisses de police et de gendarmerie ont mené une vaste opération de contrôle transfrontalière, mise en place en moyenne deux fois par an, et illustrant douze années de coopération renforcée entre les deux pays.
Une opération d’envergure s’est déroulée en novembre 2025 le long de la frontière franco-suisse, mobilisant policiers, gendarmes et douaniers. Piloté dans le cadre de la Plateforme Opérationnelle Transfrontalière (POT 25/90), cet exercice grandeur nature de coopération a été placé sous la présidence du lieutenant Ivan Keller, chef d’état-major opérationnel de la police neuchâteloise.
Déployée sur dix points stratégiques entre le Territoire de Belfort et le Jura, l’opération a rassemblé près de 100 personnels issus de près d’une dizaine de services. Côté suisse, la police cantonale du Jura, la police neuchâteloise et l’Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières étaient engagés. Côté français, la police nationale, les groupements de gendarmerie du (25) et du (90), la police aux frontières et la douane ont travaillé de concert.
Depuis plus de douze ans, la coopération franco-suisse se traduit par des opérations régulières, des réunions d’échanges de renseignements et des équipes d’enquête. Les engagements conjoints et le partage d’informations sont devenus des pratiques courantes entre les deux pays, nous indique Laurent Perraut, Directeur Interdépartemental de la Police Nationale (DIPN) du Doubs.
L’objectif : contrôler les flux de personnes et de marchandises, lutter contre la délinquance, l’immigration irrégulière, notamment grâce à des moyens spécialisés. Drones, experts en fraude documentaire, spécialistes des stupéfiants et équipes cynophiles ont été mobilisés pour l’efficacité des contrôles.
Le centre de commandement, installé à Besançon dans les locaux de la police nationale, a permis une conduite opérationnelle commune. Un exercice en soi, soulignent les responsables, tant la mise en place d’un poste de commandement transfrontalier constitue un enjeu majeur en cas de crise.
Au-delà des résultats immédiats, cette action vise surtout à renforcer l’interconnaissance et la capacité à agir ensemble en situation d’urgence. « Ces contrôles sont un entraînement concret à ce que nous faisons déjà au quotidien », rappellent les autorités.



