Quel devenir pour les bals en Franche-Comté ?

Champêtre ou mondain, masqué ou costumé, les bals ont toujours attiré la jeunesse. Du Moulin-Rouge aux bals musettes des bords de Marne, ils prendront un aspect plus populaire et particulièrement festif. Aujourd’hui, notre région est réputée pour être « un des seuls endroits en France où il y a encore des soirées comme ça, à l’ambiance chaleureuse où on se parle simplement et où on profite de la vie» atteste un adepte. Tous les francs-comtois se souviennent de la grande période des bals, fin des années 80, début des 90’. Des groupes mythiques traversent cette époque dont les Spiders avec leur tube « les Nuits sans soleil » qui ont marqué l’été 1989. Les salles combles accueillent alors 1000 à 1200 personnes à Frasne avec Gilles Petitjean tandis que les Blaireaux du Saugeais réunissent déjà 800 personnes à Montbenoît. « A cette époque, le bal était une religion ! » affirme Stéphane. Cet orchestre made in Haut-Doubs roule sa bosse depuis maintenant 25 ans. Après les Blaireaux du Saugeais, ils prennent le nom en 1997 de Macadam. Des 10 musiciens et chanteurs qui participent régulièrement aux activités du groupe, la plupart jonglent entre travail, répétitions et bals en moyenne… 48 week-ends sur 52 ! Avec professionnalisme et entrain, ils offrent au public un répertoire varié, des grands standards des années 80 à Moby et Muse. Mais leur public, dont les goûts se diversifient, paraît plus difficile à satisfaire. Même si un bon Joe Dassin entraîne encore tout le monde sur le dance-floor !

La reconnaissance des gens qui voient en eux “un orchestre au plus haut niveau, musicalement et humainement” ne suffit plus à remplir les salles et il est parfois difficile de faire les 400 entrées nécessaires à rentabiliser une soirée. Plusieurs facteurs semblent influer sur la fréquentation des bals : le renforcement des contrôles sur la route, le développement des festivals et discothèques, la fréquentation plus tardive des bars, l’organisation d’importantes fêtes animées par des DJ chez des particuliers et de façon plus générale un changement des mentalités. « Avant, les jeunes se rendaient au bal en bande, par village. Aujourd’hui, la plupart viennent seuls ou par petits groupes. Même si nous avons nos fans , nos « amis fêtards » qui nous suivent de bal en bal, on trouve les gens moins fidèles. » remarque Lydie. La plus grande mobilité des jeunes les incite également à s’octroyer régulièrement des escapades entre amis durant les week-ends.
Ce réseau des bals du Haut-Doubs se constitue d’associations sportives, musicales ou de comités des fêtes qui font régulièrement appel aux orchestres tels que Téquila qui travaillent au côté de Macadam. Si beaucoup d’entre vous ont dansé et chanté sur leurs rythmes effrénés et apprécient encore la convivialité et l’authenticité des bals, il est encore temps de les faire découvrir à d’autres. Si la passion et la motivation des artistes ne sont plus à démontrer, le devenir des bals ne dépendra que de vous, le public !
Laura Franco

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