Villages FM : Trois ans après « Jouer dehors », tu reviens avec un quatrième album. Comment as-tu occupé ces années ?
Mademoiselle K : J’ai beaucoup voyagé, et j’ai continué de bosser ! J’ai fait des séjours linguistiques pour améliorer mon anglais. Je savais déjà que je voulais faire quelque chose de différent. Et puis j’avais besoin de prendre l’air. Du coup, j’ai passé 3 mois à New-York dans une école où j’ai rencontré plein de gens du monde entier venus pour la même chose que moi. Et en revenant à Paris, ça m’a paru évident. Il y avait un vent neuf qui soufflait et ce n’était pas que dans ma tête. Il fallait que je change complètement. C’est là que j’ai fait de nouveaux morceaux. Mais ce n’était pas assez. J’ai eu envie de repartir. Donc il y a eu une tournée d’un mois au Brésil où l’on a testé les premiers morceaux en anglais. C’était mortel ! On était dans un autre monde !
Villages FM : Justement tu as choisi d’écrire en anglais malgré les menaces de ta maison de disque de ne plus te suivre. Provocatrice ?
Mademoiselle K : Ah mais complètement même ! Je leur ai présenté les titres et je les ai mis au parfum rapidement. Mais je les sentais mous, limite en panique ! J’ai trouvé ça naze ! D’autant plus que le vrai changement, c’est juste la langue. Musicalement ça reste mon style.
Villages FM : Ton nouvel album devrait voir le jour à la rentrée prochaine. Tu restes rock ?
Mademoiselle K : J’ai beau aimer et écouter beaucoup de genres différents (pop, soul, classique, etc.), je suis définitivement rock ! Et c’est comme ça que je veux me présenter. Donc cet album sera plus rock, plus brut, plus minimaliste aussi. C’est mon esthétique ! Et de toute façon on n’avait pas les moyens de surproduire l’album. On a fait avec les moyens que l’on avait. C’est à dire pas de moyen en fait ! On s’est concentré sur les riffs, sur l’énergie et l’émotion.
Villages FM : Ton passage à la Poudrière de Belfort fait partie des premières dates de ta pré-tournée. Comment le public accueille ce changement ?
Mademoiselle K : Les gens sont hyper-attentifs et des fois même ça me perturbe ! D’habitude, ils chantent sur des titres comme « Jalouse » ou « Ca me vexe ». Mais là ils découvrent ! Donc ils ne peuvent pas trop. Je suis hyper touchée de cette attention. Ils sont calmes mais ils sont là. Ils ne lâchent pas l’affaire. Anglais ou pas, car le débat n’est pas là finalement.
Villages FM : Tu as amené tes précédents albums sur de grosses scènes. Notamment les Francofolies, les Solidays, la Foire aux vins de Colmar… Pour ton retour, les salles sont plus petites. Qu’est ce que ça change ?
Mademoiselle K : C’est hyper rock’n roll ! Qu’est ce que ça m’a manqué! Des fois je n’ai pas de retour, j’entends à peine ma voix, j’suis un peu en panique, mais je suis dedans, je suis prise par le truc, je suis connectée avec le public. J’ai toujours eu le trac avant de monter sur scène, mais là je retrouve le stress de mes débuts ! Et des fois sur scène, j’parle pas. Mais définitivement je suis là. Je regarde les gens. Je prends le temps. Ca se passe ailleurs et c’est encore plus dans la musique. Et comme c’est en anglais et qu’ils ne comprennent pas tout de suite, c’est la chanson qui prime.
Villages FM : Revenons sur ce sujet épineux. Tu as donc opté pour le choix d’écrire en anglais au risque de perdre ta maison de disque. C’est le cas ? Mademoiselle K : Oui, concrètement là je n’ai plus de maison de disques. C’est le Directeur Artistique qui m’a dit que le boss ne voulait même pas écouter mes titres, pensant que c’était une erreur, que je perdrais mon public. Je trouve ça totalement anti-professionnel de sa part de ne même pas avoir pris le temps d’écouter mes titres. Donc au final c’est mieux comme ça. Et ça ne nous empêche pas de remplir les salles ! Y’a même des gens qui veulent nous produire ! Mais je veux pas de ce rapport avec le public. Après, si je suis vraiment dans la misère, ce qui n’est pas loin depuis quelque temps… ! Mais on s’en fout. Je suis en reconquête ! Le premier titre de l’album, « Glory », doit être prémonitoire !
Villages FM : On peut d’ailleurs le découvrir à travers un clip totalement ravageur, rock, fracassé, énergique, punk, électrique et j’en passe. A ton image dans la vie de tous les jours ?
Mademoiselle K : Je peux vraiment être super sage comme super relou. Je pense que je ne suis pas facile. C’est un peu les montagnes russes, même si je suis d’origine polonaise. Donc tu vois, même là je suis en pleine contradiction !
Villages FM : Tu as fait une halte dans la cité du Lion, alors si je te dis Franche-Comté, qu’est ce que ça t’inspire ?
Mademoiselle K : Les Eurockéennes de Belfort ! Sans hésiter ! Je rêve de les faire. Surtout avec cet album là, les Eurockéennes ça serait mythique ! Ca représente vraiment quelque chose. Depuis que je suis ado, j’ai une image des Eurocks comme d’un pavé rock, un peu excentré en plus. Pas loin de la frontière où tu te dis que du coup y’a des Suisses, des Allemands, des gens un peu chelous qui viennent. Tu sens vraiment une identité, un truc très fort et massif. Et un de mes rêves, mis à part celui d’aller jouer dans un club en Sibérie, c’est d’aller jouer aux Eurocks !
Interview réalisée par Sophie GRAELHING
pour Villages FM / LE MAG



