Villages FM : Quels sont aujourd’hui les enjeux de la radio numérique ?Rachid Arhab : C’est la nouvelle révolution de la radio, certainement une nouvelle vie puisque nous sommes partis du constat que sur le plan technologique, c’était un anachronisme que la radio soit le dernier grand média qui ne soit pas numérisé. Nous sommes partis également du constat que la numérisation permet une meilleure qualité d’écoute. Le numérique est également une véritable chance dans le secteur de la radio qui connaît quelques difficultés face aux nouveaux médias dont Internet auxquels les jeunes générations font de plus en plus appel. Donc c’est un réflexe de vie de la radio d’évoluer une nouvelle fois comme elle a su le faire à chaque fois. La radio a souvent été annoncée comme mourante (…) mais elle a toujours su s’adapter.
Villages FM : Le dossier de la radio numérique est un dossier important pour le CSA. Peut-on dès à présent parler de calendrier ?
Rachid Arhab : Oui, on va être très prudent parce que les étapes à venir sont nombreuses et les difficultés à aplanir sont très importantes. Le calendrier tel qu’on peut le définir aujourd’hui, c’est que l’on espère aboutir à un appel à candidatures au cours du deuxième trimestre de 2007. Il y a encore de nombreuses étapes qui ne sont pas entièrement de notre ressort. Nous attendons notamment une décision gouvernementale en matière de norme qui sera utilisée puisque sans entrer dans les détails, même si ça a fait l’objet de nombreux débats entre spécialistes, la norme qui va être utilisée n’est pas encore arrêtée. Quand elle sera choisie, le CSA aura son avis à donner et ça va prendre encore quelques semaines. Ensuite, l’organisation de l’appel à candidature, qui revient entièrement au CSA, demandera un certain nombre de semaines pour donner aux candidats le temps de constituer de bons dossiers.
Villages FM : Quel est le rôle dans ce dossier du Groupement pour la Radio Numérique1 (GRN) ?
Rachid Arhab : Il y a une certaine originalité dans la création du GRN. La radio est un secteur où les individualismes sont en règle générale assez forts mais là, tout le monde a compris qu’il était nécessaire de se serrer les coudes au moins pendant une première phase de telle façon que les opérateurs de radio puissent peser sur les choix qui vont être faits et donner leurs avis. Ils ont un poids important, un poids d’information, un poids de débat mais pas un poids excessif dans la mesure où l’autorité de régulation reste le CSA.
Villages FM : Les investissements que vont représenter le passage au numérique ne risquent-ils pas un d’être un rempart pour le monde associatif ?
Rachid Arhab : En aucun cas l’arrivée de la radio numérique doit signifier la disparition des radios associatives. Mon rôle est de défendre le pluralisme et le pluralisme ne s’entend pas sans les radios associatives. C’est vrai que ces choix numériques vont avoir des coûts financiers que nous ne mesurons pas encore complètement (…). Le Président du CTR a évoqué que la Région puisse aider les radios associatives sur un plan financier. Je pense que c’est vers ce genre de réflexion qu’il faut se diriger pour éviter l’écueil financier qui existe. Il ne faut pas le cacher mais en ce qui concerne le CSA, nous ferons tout pour que toutes les voix du pluralisme puissent être entendues et que la sélection ne se fasse pas par l’argent.
CTR : Le CSA en région. La Région Bourgogne Franche-Comté dépend du Comité Technique Radiophonique de Dijon.
GRN1 : Groupement qui compren les cinq plus grands groupes de radio français (RTL, Radio France, Europe 1, NRJ et le Groupe dit des “ Indépendants”) qui pour l’occasion ont fait fi de leurs différences.
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