Le sénateur Jacques Grosperrin, Vice-Président de la commission de la culture, de l’éducation, de la communication et du sport, interpelle la ministre de la Culture suite à l’acquisition du tableau de Courbet, Le Désespéré, par le Qatar.

Le sénateur Jacques Grosperrin, Vice-Président de la commission de la culture

Le sénateur du Doubs a interpellé la ministre de la Culture à propos de la vente du tableau Le Désespéré de Gustave Courbet, une œuvre emblématique du patrimoine artistique français.
Cette affaire, qui suscite une vive inquiétude, illustre selon l’élu un risque croissant de voir les grandes œuvres nationales quitter le territoire.
Au cours de son intervention dans l’hémicycle, le sénateur a souligné que plusieurs tableaux exposés au musée d’Orsay appartiennent déjà à des propriétaires étrangers, notamment au Qatar.
Une situation qu’il juge préoccupante : « La France est en train de se faire piller petit à petit de ses grandes oeuvres, de ses plus belles œuvres », a-t-il dénoncé.

Face à cette situation, Jacques Grosperrin plaide pour le classement des tableaux comme Le Désespéré en « Trésor national ». Une mesure qui permettrait de mieux protéger certaines œuvres majeures. La ministre de la Culture lui a répondu : « Faites une loi ». Un défi que le sénateur dit avoir accepté.

Jacques Grosperrin travaille désormais avec les services juridiques du Sénat et ceux du ministère de la Culture à l’élaboration d’une proposition de loi destinée à créer une « jurisprudence Courbet ».

On voudrait qu’il y ait une jurisprudence Courbet pour faire en sorte qu’on ne puisse pas être dépossédé par des gens, par des pays étrangers sur nos œuvres, ce qu’on appelle nos œuvres nationales, en quelque sorte.


L’objectif serait d’empêcher que des œuvres considérées comme faisant partie du patrimoine national puissent être acquises par des États étrangers sans contrôle renforcé.

Le sénateur reconnaît toutefois que le retour du tableau serait compliqué. L’œuvre a été vendue de gré à gré, dans le cadre d’une transaction privée encadrée juridiquement. « Dire qu’on va le faire revenir serait mentir », admet-il.

Sa crainte concerne l’avenir du tableau. Bien qu’il soit actuellement exposé au musée d’Orsay en prêt de longue durée, Jacques Grosperrin redoute qu’il ne rejoigne à terme le Qatar Museums, dont l’ouverture est prévue vers 2030, et qu’il ne revienne pas en France.
Pour l’élu, cette affaire doit servir d’électrochoc afin de mieux protéger les œuvres majeures du patrimoine français et d’éviter que d’autres chefs-d’œuvre ne quittent définitivement le pays.

Benjamin Foudral, conservateur-directeur du musée et pôle Courbet avec Jacques Grosperrin, sénateur

Pour Benjamin Foudral, conservateur-directeur du musée et pôle Courbet,

le prix du tableau estimé à 50 millions d’euros est énorme. Ce n’est pas du tout la cote de l’artiste, mais le tableau est tellement iconique qu’il n’a plus de prix car c’est un trésor national.