Fernand nous raconte sa vie, riche et parsemée d’épreuves. Une jeunesse à travailler au commerce de son père, les chasseurs alpins à Hyères, l’expérience de guide de haute montagne à Sisteron, cinq années de guerre, soixante trois de mariage, sept enfants ou encore les trajets quotidiens à bicyclette de Montgesoye à Besançon. Mais ce dont Fernand aime particulièrement parler, ce sont les années passées à l’usine LIP d’Ornans dont il reste une véritable mémoire vivante. « J’étais fraiseur-outilleur et m’occupais de lancer de nouvelles machines ainsi que l’outillage nécessaire à la fabrication en série. Quelque part, c’était un travail d’ingénieur, un travail de création ! »
En pré-retraite à 58 ans, le jardin potager ne suffit pas à occuper ses journées. Il commence à bricoler des ronds de serviette en bois, des bacs à fleurs en creusant des souches de sapin, des présentoirs en métal pour les géraniums de Marthe ou encore un bureau-chien pour une de ses petites filles. Jusqu’à la création de son premier modèle réduit…de la Tour Eiffel ! « Ce n’est pas une réplique exacte. J’ai changé quelques éléments pour la personnaliser. » Dans la série des « grands ouvrages », suivront le Tower Bridge (pont sur la Tamise de Londres), une reconstitution du phare d’Alexandrie, un temple chinois, le Château de Cléron ainsi que l’Arc de Triomphe commandé par l’ancien maire de Montgesoye dans le cadre du bicentenaire de la Révolution Française. Si Fernand utilise majoritairement le bois, il n’hésite pas à s’approprier d’autres matériaux, en fonction des besoins. Durant ses trente années d’activité post-retraite, cet artiste autodidacte entreprend la construction de plus de 80 modèles réduits de maisons, de la ferme comtoise à la maison landaise en passant par des maisons imaginaires. Sa méthode ? Il ne semble pas réellement en avoir et travaille de façon intuitive. « Je fais quelques dessins mais tout est dans ma tête. Et quand je rencontre un problème, la solution vient à moi sans que je la cherche ! ».
Cet attendrissant couple d’artistes en herbe, s’il provoque la fierté de leurs enfants, réjouit également leur plus proche voisin en lui offrant, chaque matin, une touche d’originalité et de merveilleux. Aujourd’hui, Fernand est en convalescence d’une opération et son impatience est grande. Mais d’ici quelques mois, les sculptures de bois qui patientent dans son atelier reprendront vie !



