Les femmes apportaient le linge en charrette ou en brouette puis à genoux sur le bord incliné du lavoir, elles jetaient le linge à l’eau et le frottait au savon sur une planche à laver puis le tordait ou le battait avec un battoir en bois afin de l’essorer le plus possible.
Souvenez-vous de la description que Zola faisait de Gervaise dans l’Assommoir lorsqu’elle battait le linge au lavoir… Un travail pénible mais un
lieu de rencontres pour les femmes du village. Une fois par an, c’était la grande lessive, les femmes lavaient le linge « au cuveau ». Elles empilaient le linge au fond d’une marmite (draps, chemises, linge de corps). Un sac de cendres était placé par dessus sur lequel elles versaient des casseroles d’eau bouillante. Cette macération recuisait toute la journée et le linge était enfin rincé et essoré. La généralisation de l’eau courante dans les habitations puis l’apparition des premiers lave-linge dans les années 60 a mis fin à ce métier.
Heureusement les routes menant aux fontaines portent quelques fois encore le nom de « rue des Lavandières ».
Sophie GARNIER
« On f’sait le linge par tous les temps, même l’hiver. Quand on allait à la fontaine, on
cassait la glace pour rincer le linge. Ben quand on était restées une heure, pis qu’on
avait les doigts tous bleus, ben on était bien contentes de rentrer mais l’été quand il
f’sait beau, on retrouvait toutes les bonnes femmes du village et on était bien
contentes de causer un peu … »
M.J. Récit d’une habitante du canton d’Amancey



