La maison aux 100 chats

Lorsque l’on entre chez Nina, l’accueil est plutôt chaleureux. Les hôtes sont petits, à quatre pattes, aux poils brillants, de races pour certains, d’autres sont dits Européens ou de gouttières. Cette population fort sympathique a connu des jours noirs avant d’arriver dans cet eldorado.

‘’Chat’’ suffit les hommes
Abandonnés, ces chats ont souvent été chassés à coups de balais, de pierre, parfois au jet d’eau glacée voire à coups de pied. La plupart du temps le parcours de ces animaux est tout tracé : capture, fourrière et euthanasie. Les chats abandonnés ou perdus non identifiés sont inévitablement condamnés à l’euthanasie comme le prévoit l’article 213-4 du code rural. C’est ce qui résulte de la décision irresponsable des propriétaires qui ignorent que leurs chats n’étant pas toujours stérilisés viennent augmenter leur surpopulation. Et même si des personnes bien intentionnées croient sauver un chat trouvé en le livrant à la fourrière de la SPA, elles ne savent pas qu’en réalité la législation en vigueur impose l’euthanasie après un délai très court pour les animaux non identifiables et non réclamés.

C’est la mère Nina qui a sauvé ces chats
Le sort des chats errant dépend souvent de l’action de bénévoles comme Nina qui veille chaque jour au bien-être de tous ‘’ses invités de prestige’’, déclare-t-elle volontiers. Tous, sans exception, ont été stérilisés. Pour accueillir cette centaine de chats Nina a quitté Valentigney pour s’installer dans une grande ferme à Ronchaux. Ce lieu est désormais un havre de paix pour ces animaux. D’ailleurs ils ne manquent de rien : soins, attentions, caresses, nourriture et même divertissements : musique douce et télévision. Pendant plusieurs années, la Fondation Brigitte Bardot à Paris lui avait envoyé plusieurs tonnes de boîtes de terrine de qualité. Ce paradis pour chat à Ronchaux ne peut nous faire occulter qu’il est inhumain d’abandonner son chat que l’on avait décidé d’adopter avec joie. Certes, Nina agit comme une mère le fait avec ses enfants et tout particulièrement les plus fragiles, mais désormais elle ne peut plus accepter d’autres chats. Que vous soyez propriétaire ou désireux de posséder un chat, vous prenez la responsabilité de l’élever, de le protéger et certainement pas de le laisser un jour sur le bas côté de la route ou dans les bois voire chez des gens charitables tels que Nina qui ne peut pas tout tolérer et vous déculpabiliser en prenant en charge votre fidèle compagnon.

Marie-Lou Pires