L’endroit appartient aux monument nationaux sous l’égide du ministère de la culture. Sur le festival, la balance des genres artistiques s’est élargie. S’il est vrai que le rock est à juste titre toujours la base, différentes directions autour de ce courant sont explorées. La pop, l’électro,ou le hip-hop s’y sont frayés un chemin. Les 23, 24 et 25 août dernier, 118 000 personnes foulaient le site pour vibrer sur l’évènement.
Désormais, le Rock en Seine se joue sur quatre scènes. Une supplémentaire par rapport aux années précédentes permet à davantage d’artistes d’être programmés, dans un laps de temps donné. La pertinence dans les enchaînements des concerts semble avoir trouvé une nouvelle orientation. Cela favorise la répartition du public devant chaque spectacle. Il faut considérer que l’étendu du lieu fait parcourir 20 minutes de marche entre les deux scènes les plus éloignées ! Une évolution sur le rendu sonore semble avoir été effectuée. Aux dires de fidèles visiteurs, le confort d’écoute, notamment sur la grande scène, était bien meilleur par rapport aux anciennes éditions ! En amont, le festival a supprimé la grande régie principale et, disposé de plusieurs régies séparées. C’est une ouverture d’espace, donc un gain de visibilité. Mais, surtout, – les suscités témoignages sont raccords à celui des organisateurs – qui soulignent que « la qualité en diffusion du son est améliorée ». Ce travail qui représente un pas majeur est à l’ordre du jour pendant l’hiver, en préparation du festival.
Aussi, en matière de programmation, l’on pouvait constater une cohérence avec la marque Rock en Seine dans les styles musicaux. Un équilibre a été établi entre têtes d’affiche et groupes émergents. Parmi lesquels 27 ont enregistré leur premier album en 2013. Il semblerait que chacune des quatre scènes ne soit pas thématisé. Néanmoins, la plus petite, nommée Expression Live, accueillait les musiciens « intimistes ». Ainsi Alex Hepburn, Valérie June ou Laura Invula, apportaient une forme de douceur spontanée en soul jazzy, et de vocalité. Selon les responsables de Rock en Seine, Expression Live est « une petite salle de spectacle en plein air ». Cette dernière donne l’impression d’être fermée, parce que toute entourée d’arbres et comme isolée dans un périmètre. La question d’un chapiteau a même traversé les esprits des responsables. Les contraintes inhérentes aux domaines nationaux, tels la protection du système d’irrigation existant, par exemple, ont avorté l’idée. « Le site est certes magnifique, mais il est assujetti à son statut », réalisent les patrons. Finalement, Expression Live représente quelque peu le contraste de la scène dite de l’Industrie. Laquelle est gazonnée, et située sur un remarquable endroit de passage. A noter que les premiers concerts de l’après-midi commençaient là.
Les instigateurs de Rock en Seine affirment ne pas viser « le record en matière de fréquentation », mais le chiffre demeurait pour le moins significatif cette année. Et ce pour des raisons principalement économiques. Dans un budget qui flirte avec les 7 000 000 d’Euros, se trouvent des recettes émanant des partenaires privés (15 pourcent), subventions (8 à 9 pourcent) et naturellement billetterie. Elles constituent le support du festival. Le panachage de ces sources financières peut fragiliser l’économie de Rock en Seine. D’autant plus qu’en début d’année, le département des Hauts-de-Seine décidait de cesser son soutien. La collectivité a justifié ce délestage par le fait de se recentrer sur ses propres évènements. Dont acte. Malheureusement, « Nous l’avons appris trop tardivement pour pouvoir se retourner », déploraient les responsables de Rock en Seine. Quant à la région Île-de-France au contraire, elle a renouvelé son apport, à hauteur de 150 000 Euros sur cette édition. La nouvelle donne a contraint le festival à « choisir la voie de la raison », convient la direction. La réduction du budget impose à repenser différemment l’organigramme. Toutefois, la volonté demeurait dans la continuité d’une ligne identitaire. L’idée a été de réduire la tranche horaire, et d’abandonner les opérations trop chères. A fortiori, les risques sous-jacents ont été écartés. Ainsi en 2013, « on n’aura pas assisté à des annulations qui font parler dans le monde entier », ironise-t-on à la direction. Un propos qui évoque implicitement le cas non-cité d’Amy Winehouse en 2007 et 2008 (souvenez-vous : http://next.liberation.fr/musique/010126305-amy-winehouse-pose-un-lapin-a-rock-en-seine). La pression aura plutôt été du côté de la billetterie. Cela étant, « le prix d’une place pour une journée ici, équivaut à celui d’un billet pour voir un artiste au Zénith (de Paris), insistaient les trois co-directeurs. Cela illustre une lutte perpétuelle pour conserver le bas tarif d’une telle manifestation, dans la capitale française.
Frédéric DASSONVILLE
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