Le printemps et l’été, exceptionnellement chauds et secs de cette année, ont entraîné une prolifération de scolytes.
Ces insectes cambiophages (qui se nourrissent de l’assise génératrice située entre l’écorce et l’aubier) entrainent la mort des arbres touchés.
Les scolytes de l’épicéa bénéficient desconditions idéales à leur reproduction et leur population explose. Les insectes s’installent entre l’écorce et le bois où ils pondent. Les larves s’y développent empêchant la circulation de la sève. À leur éclosion, l’arbre sèche. Les insectes partent coloniser d’autres tiges de la même espèce et le cycle recommence.
Les longues périodes chaudes ont pour effet d’accélérer les éclosions et de limiter la mortalité des larves qui trouvent les conditions idéales pour leur développement, augmentant le nombre de générations successives au cours de la même année. Une femelle pondant au printemps une cinquantaine d’oeufs peut, par conditions favorables, générer plusieurs dizaines de milliers d’insectes dans l’année.
Les signes de colonisation sont extrêmement discrets et on constate généralement l’attaque à la mort de l’arbre, alors que les scolytes sont déjà partis à l’assaut d’autres épicéas. Une météo fraîche et pluvieuse constitue le plus sûr moyen de régulation des populations.
Concernant le sapin, les scolytes sont généralement considérés comme des parasites de faiblesse, moins virulents, ce qui n’empêche pas une mortalité élevée après des épisodes caniculaires de longue durée comme ce fut déjà le cas après les fortes chaleurs de 2003.
Les conditions météorologiques extrêmes affectant l’ensemble de l’Europe, les bois scolytés atteignent des volumes se comptant en millions de m3. De plus, même si le bois d’épicéa ne perd pas ses qualités de résistance mécanique, il bleuit et c’est donc son aspect qui est affecté, limitant ses usages. Ces volumes considérables de bois engorgent et désorganisent le marché, entraînant la chute des cours du bois sec, bien sûr, mais aussi, potentiellement, du bois vert.
Des aides publiques aux propriétaires permettant le transport des bois scolytés vers des régions déficitaires en matière première (Sud-Ouest, Bretagne) devraient se mettre en place cet automne pour tenter de réguler le marché et utiliser cette matière première encore valorisable. Le syndicat des propriétaires forestiers de Franche-Comté (franche-comte@fransylva.fr), sensible aux difficultés rencontrées par ses membres pour la commercialisation de leurs bois secs, travaille à un regroupement des propriétaires pour leur permettre de valoriser, un tant soit peu, cette matière première.
Des conditions météo plus favorables à la forêt vont-elles bientôt faire leur retour ? C’est en tout cas le souhait des professionnels et de tous les amoureux de la forêt.
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Syndicat des Forestiers Privés de Franche-Comté
franche-comte@fransylva.fr




