Barcella se confie au micro de Villages FM

Villages FM : Tous les deux ans, tu sors un nouvel album, le troisième « Puzzle » est à l’heure du printemps. Quels en sont les ingrédients ?
Barcella : Chaque pièce, chaque morceau apporte sa couleur à l’album. Je continue à travailler sur un éclectisme musical et des influences très variées en prenant toujours soin de mettre en avant le texte car j’aime raconter des histoires. Dans l’approche, c’est assez Barcelien, mais après c’est un album peut être plus urbain dans la musique et plus musclé. Au niveau du rythme, c’est quelque chose de plus poussé.

Villages FM : Parmi les 11 titres, se cachent 2 duos. C’était une volonté dès le départ ou le fruit du hasard ?
Barcella : Ce sont surtout de belles rencontres. C’est vrai que je n’avais jamais fait de duo sur mes albums précédents et là j’avais avant tout envie d’une voix féminine. Mais pas n’importe laquelle puisque je voulais vraiment celle d’Emily Loizeau. D’autant plus que l’on s’entend bien ; on a déjà fait des plateaux ensemble, on a bien sympathisé et on s’est recroisé plusieurs fois. Je suis ravi qu’elle ait accepté de suite. Et Leeroy, c’est une autre facette de mon amour en chanson et en la culture urbaine. On partage le goût des mots et des jeux d’enfants car lui aussi est un grand gamin. On a ses yeux de l’enfance quand on écrit des textes. C’est donc naturellement que l’on s’est retrouvé autour de ce truc assez ludique du « chou-fleur ».

Villages FM : C’est le début de ta tournée, comment le public accueille ce disque ?
Barcella : C’est de mieux en mieux. On a le sentiment de récolter les graines que l’on a semées ces six dernières années. Dans toutes les villes qu’on fait, on est quasi complet ! Je me réjouis de la fidélité des gens et de leur curiosité qui ne désemplit pas. Quand on raconte des histoires aux gens, on les embarque dans des aventures et c’est ça que j’aime. On a majoritairement un public de 25-35 ans, parfois même ses enfants, et même aussi un peu les parents de ces personnes là, ce qui représente trois générations ! Et ça c’est notre plus grande fierté.

Villages FM : Tu as reçu en décembre dernier le « grand prix révélation scène Charles Cros », la reconnaissance de tes pairs est importante pour toi ?
Barcella : Oui c’est toujours très agréable. Moi je viens du spectacle de rue, j’ai joué dans plein de petits bars, de tous petits endroits. Donc quelques années plus tard, de recevoir des prix, d’arriver à couronner ce parcours à la fois par la fidélité du public et par la reconnaissance du métier c’est très réjouissant. Surtout que je n’oublie pas qu’au départ j’avais raté mon BAC ! Donc avoir une reconnaissance dans son parcours professionnel, c’est une belle revanche sur la vie…

Villages FM : Tel un magicien, on a l’impression que tu sors tes textes d’un chapeau magique. Mais en réalité qu’est-ce qui t’inspire ? 
Barcella : C’est avant tout les voyages car j’ai cette chance de voyager beaucoup. En  Belgique par exemple, j’ai fait beaucoup d’ateliers d’écriture, dans les collèges, les prisons, avec les personnes âgées. Et ce sont toutes ces rencontres là qui inspirent pour écrire. D’ailleurs tout n’est pas autobiographique dans mes chansons. Je peux aussi écrire à la première personne du singulier, même sur des histoires qui ne m’arrivent pas. Donc ce sont les voyages et la sensibilité des autres qui viennent nourrir la mienne afin de me permettre de continuer à écrire ces carnets de bord.

Villages FM : Puzzle, ça fait un sacré nombre de points au Scrabble ça ! Joueur Barcella ?
Barcella : (rires) Je suis très joueur ! C’est vrai que je n’avais pas pensé à Scrabble mais l’idée reste la même. J’avais envie d’un nom ludique sur cet album, qui donne envie de jouer. Et en même temps, c’est un album très important car petit à petit les pièces se construisent et le puzzle se dessine. Et mon projet Barcelien, qu’on commence à comprendre dans ce troisième album, c’est un projet atypique et décalé mais qui dessine quand même quelque chose de cohérent.

Villages FM : Mon petit doigt m’a dit que tu avais collaboré avec un petit gars bien de chez nous. Aldebert. Tu nous racontes ?
Barcella : Oui, oui ! Guillaume d’abord c’est un bon copain. Je l’avais rencontré sur un festival où on avait sympathisé et où il m’avait proposé de venir sur « Enfantillages 2 ». On a donc fait une chanson très rigolote sur les bonbons, « Y’a rien qui va ». Pour moi c’est un artiste très généreux, très sympathique, très talentueux. J’aime aussi son challenge de s’intéresser au jeune public. C’est une  trajectoire audacieuse, pas évidente et ça marche très très bien.

Villages FM : Si je te dis « Franche-Comté », qu’est ce que ça t’inspire ?
Barcella : La cancoillotte !! (rires) Et surtout ça me renvoie à Montbéliard. Car j’ai une énorme histoire qui s’appelle « les Barcellades » avec cette ville. C’est une carte blanche que l’on m’a donné il y a quelques années, où j’ai pu travailler sur tout le territoire avec les élèves et les enseignants des conservatoires, les gens du voyage, les maisons de quartiers, les personnes âgées avec lesquelles on a travaillé sur le souvenir. C’était magnifique. On en avait fait un petit bouquin d’ailleurs. C’est de là que je tiens ma fidélité et mon envie de travailler avec les choeurs de Montbéliard qui jouent sur mon dernier album. Et puis il y a une simplicité de dire les choses ici que j’aime beaucoup. Après je n’aime pas plus que ça m’appliquer à dorer la pilule des gens, car je trouve ça facile, mais je le pense très sincèrement.
La Franche-Comté il fait bon y vivre, et j’aime bien l’accent du coin. C’est une région de bons vivants où on est loin du côté mondain. Une région pleine d’artisans et de bosseurs et c’est quelque chose qui me correspond très bien.

Propos recueillis par Sophie Graehling

 

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