
Villages FM : Comment est né votre dernier album “Hugh”?
Hugues Aufray : Quand j’ai signé en 2005 chez Universal Mercury, ils attendaient de moi un disque avec des chansons nouvelles, ce qui n’est pas évident quand on a 40 années de carrière. La première réaction est de dire “on va faire une compilation”. Mais ce n’est pas ce que j’avais envie de faire. J’avais des choses nouvelles à dire. Alors me voilà avec 15 chansons originales dont certaines ont été écrites en collaboration avec des amis.
Villages FM : Parmi les personnes qui ont collaboré à cet album on note la présence de Clint Eastwood.
Hugues Aufray : J’ai eu l’occasion de voir il y a quelques années le film “A perfect world” de Clint Eastwood. Dans la BO de ce film, il y avait une mélodie qui a attiré mon attention. (…) Je me suis renseigné auprès de l’éditeur américain et j’ai obtenu l’autorisation d’écrire des paroles. L’idée de cette chanson où j’appelle au secours le Petit Prince de Saint Exupéry en lui demandant où va le monde est née.
Villages FM : Quels sont les thèmes que vous abordez dans cet album ?
Hugues Aufray : Vous savez, je n’ai pas d’imagination, je chante toujours la même chose. Je chante des choses simples : la lutte contre le racisme, le besoin de fraterniser, un rêve de justice ou bien le rêve de la paix en Israël entre juifs et musulmans. Ce sont des rêves communs mais c’est pas parce que c’est simple qu’il faut cesser de les faire.
Villages FM : Est-ce que dans notre société, l’artiste doit tenir ce rôle de porte-parole ?
Hugues Aufray : Je crois qu’être artiste c’est vivre dans l’insécurité.(…) Mais en revanche, la qualité de ce métier, c’est la liberté. Comme on n’a pas d’attache, on ne doit rien à personne. On ne doit rien, rien ! Même pas à son public. On doit juste à sa conscience. L’artiste quand il se voit dans le miroir, il voit les autres. Il faut qu’il reste honnête et qu’il chante ce dont il a envie. Il y en a qui ont envie de chanter l’actualité, d’autres le rêve, d’autres la désespérance, il y en a même qui véhiculent la mort ou la violence. Mais chacun fait ce qu’il veut. On est libre.
Villages FM : Après la chanson, l’écriture. Vous avez sorti l’an dernier “la jeunesse n’a pas d’âge”. Est-ce un livre de recettes pour une sorte de jeunesse éternelle ?
Hugues Aufray : Non. Un éditeur voulait absolument faire un bouquin sur le secret de la santé d’Hugues Aufray. Il m’a présenté une jeune femme à qui j’ai raconté mes problèmes dans la vie et elle a très bien retranscrit ça. C’est un livre dans lequel je fais effectivement part de mes expériences. Par exemple, gamin j’étais atteint d’énurésie et c’était très dur à vivre (…). Et quand j’étais bébé, je n’ai pas été nourri par ma mère et j’ai découvert par la suite que le lait de vache, ce n’est pas bon pour les bébés. Il faut le dire ! Il faut que les gens achète du lait d’ânesse. Des petits trucs comme ça… les bains de bras quand on a des angines. Il faut lire le bouquin !
Villages FM : Vous sortez également une biographie ?
Hugues Aufray : Oui, “Droit dans mes santiags” C’est un beau livre avec beaucoup de documents et de photos magnifiques. Je parle de mes grands-parents, de mes frères, de mes sœurs. De ma vie.
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