À en juger par l’émotion des nouveaux citoyens d’honneur intronisés le dimanche 5 octobre à Gilley par Madame la Présidente du Saugeais, lors d’une cérémonie protocolaire impressionnante et respectée, on ne peut considérer la République du Saugeais comme un simple folklore sans ferveur ni âme.
Pourtant, si ce territoire, placé sous l’autorité des Sires de Joux puis des moines de l’abbaye de Montbenoît, existe depuis longtemps, le fait qu’il soit devenu une République libre en 1947 tient au départ à une plaisanterie entre messieurs Ottaviani, alors préfet du Doubs, et Pourchet, aubergiste à Montbenoît. Se prenant au jeu, celui-là nomme celui-ci Président de la République du Saugeais. Dès lors, le pays sauget prend la forme d’une république factice, avec son président, sa capitale politique, Montbenoît, et sa capitale économique, Gilley. Et ce sont en tout onze communes parmi les seize que compte le canton de Montbenoît qui constituent le territoire sauget.
En 1972, Gabrielle Pourchet veuve du premier Président est élue présidente à vie et décide de donner de l’ampleur et de la crédibilité à sa fonction : elle nomme un premier ministre, un secrétaire général, douze ambassadeurs et deux douaniers. Aujourd’hui, c’est la fille des deux premiers présidents, Georgette Bertin-Pourchet, qui tient les rênes de cet État.
Le Saugeais en symboles, c’est aussi : une monnaie, un drapeau, un hymne, une miss, un timbre poste, une télévision, un laissez- passer «obligatoire» pour circuler dans le Saugeais (contrôles fréquents à la douane !).
Yohann BOLE



