
Vendredi 31 octobre :
Kursaal –
gratuit
Charles PENNEQUIN
Jan-François PAUVROS
Charles Pennequin (poésie sonore), Jean-François Pauvros (guitare)
« Encore un effort, moins de poésie et plus de bizarre ! » Cette revendication de Charles Pennequin pourrait définir à merveille sa propre poétique. Il a exploré toutes les contrées de la poésie moderne, il l’a arrachée aux ghettos de l’écrit, des revues confidentielles, d’un lectorat clairsemé, pour lui faire affronter le public. Il a exploré à peu près toutes les voies de la création moderne : litanies loufoques et inventives, déconstruction systématique de la syntaxe et du vocabulaire aboutissant à la création d’une langue nouvelle, cut up et polyphonies… une démarche artistique parfaitement en phase avec celle de la musique improvisée. C’est donc tout naturellement qu’il multiplie les collaborations volcaniques avec Jean-François Pauvros, guitariste jusqu’au-boutiste. Ensemble, ils créent un monde bizarre, cruel, absurde, drôle, sale, violent et pourtant familier, où nous nous reconnaissons.
Vendredi 31 octobre :
Kursaal – 20h30 (1er concert)
15€ / 10€ / 5€ pour les 2 concerts de la soirée
Donatienne MICHEL-DANSAC
14 récitations de Georges Aperghis
Donatienne Michel-Dansac (voix)
Une pièce de théâtre musical prodigieuse. Chant et jeu, paroles et musique, philosophie et humour, l’œuvre emblématique de Georges Aperghis, une véritable épopée de mots et de sons, confiée à une voix seule, ici la soprano Donatienne Michel-Dansac. C’est comme d’autres l’ont dit, mais osons le pluriel, un portrait de femmes. On peut énumérer, répertorier, inventorier, les attitudes que le compositeur suggère à chaque instant à l’interprète : déterminée, câline mais peut-être indifférente, contemptrice au bord de la cruauté, très jeune fille qui s’ouvre à la vie, écoutant sa maman, mondaine mais démultipliée, acceptant son destin et presque désincarnée… Parce que chaque Récitation est un minuscule théâtre à soi seul. On joue sur la langue, sur son bruissement. C’est de l’humanité, plus généralement, dont parle le compositeur. Lui se pose dans la situation de celui qui doit inventer le petit alphabet du monde. Une performance d’une intensité stupéfiante.
Vendredi 31 octobre :
Kursaal – 20h30
2e concert de la soirée
Duo GLOSSOPHONIE(S)
Give me a few words…
Pièces de Georges Aperghis, Jacques Rebotier, John Cage, Luciano Berio,
Pascal Dusapin, François-Bernard Mâche, Philippe Leroux, Cathy Berberian.
De la poétique de la voix du quotidien – entre murmure et déclamation, confidence et vocifération – au chant le plus étourdissant, la voix emprunte des trajectoires multiples. Les changements de registres et de timbres, les onomatopées et l’expression d’émotions extrêmes, la multiplicité des bruits de souffle, la désarticulation des mots, l’utilisation des langues rares sont autant de jeux qui mènent les interprètes à décliner la poésie, l’humour et la tendresse sur le mode féminin. Give me a few words…met en lumière deux femmes, figures mouvantes sur les chemins du sensible.
Irène Bourdat, Annabelle Playe (voix, toy piano)
Samedi 1er novembre :
Kursaal – 11h30
Gratuit
Lionel MALRIC
Solo pour 227 cordes
Lionel Malric (improvisation sur piano préparé)
Embarquez à bord d’un piano à queue pour un voyage au coeur du son. Le capitaine a 85 marteaux, 227 cordes et une boîte à outils bien remplie. Peu importe la destination, la traversée aux sonorités inouïes saura chatouiller vos oreilles. Bach, Messiaen, Monk, Bill Evans, Stockhausen, Eroll Garner, Ravel, Aphex Twin, Bartok, Jarrett, Ran Blake, Steve Reich, John Cage, l’Afrique, Bali… sont dans un piano. Insaisissable, surprenant.
Samedi 1er novembre :
Kursaal – 18h
Gratuit
Véronique ALBERT
Philippe BERGER
Tâche noire dans notre soleil
Véronique Albert (conception chorégraphique, danse), Philippe Berger (son)
Véronique Albert, à l’aide d’un cône prismatique, d’un bocal à poissons rouges, de deux miroirs et de quelques bribes sonores mixées par Philippe Berger, bouleverse nos schémas perceptifs en poussant le corps à la frontière de l’immatériel et de l’invisible. Dans ce laboratoire de la danse et du photosensible, à l’aide d’une simple loupiote d’ouvreuse, la danseuse suggère une série de tableaux en modifiant à chaque fois l’angle d’attaque de la séquence et celui de l’exploration spatiale. Nous ne verrons rien du visage de la danseuse tant la lumière reste tamisée. On garde un temps, dans la rétine puis, plus longuement, en tête, dans le cerveau reptilien qui est le nôtre, quelques bribes de son corps, ses belles jambes dénudées et dédoublées par un grand disque miroitant, son talon d’Achille gigantesquement agrandi par ce qui ressemble à une ébauche de numéro d’ombres chinoises, l’embrasement des micro-miroirs ornant sa mini-robe de cabaretière.
Samedi 1er novembre :
Kursaal – 20h30 (1er concert)
15€ / 10€ / 5€ pour les 2 concerts de la soirée
Xavier GARCIA
Radiorama
Xavier Garcia (échantillonneur, traitements, conception générale), Lucia Recio (voix), Alexandre Meyer (guitare)
Radiorama est le résultat d’une commande que l’Ina-Grm (institut national de l’audiovisuel / groupe de recherches musicales) a confié à Xavier Garcia, à qui, Christian Zanessi, du GRM, et Arnaud Touveron, de la phonothèque de l’INA, ont demandé d’utiliser librement 50 ans d’archives radiophoniques et d’en faire une « recréation » musicale. Xavier Garcia a fait de cette matière sonore une œuvre de collages et de mixages, mêlant des tranches de ces « ondes merveilleuses », la guitare électrique (en particulier lorsque Alexandre Meyer double les voix parlées) et la voix (celle de Lucia Récio qui module les fréquences et fait grincer le medium), comme autant d’éléments sonores. On y retrouve avec bonheur des citations de Coluche, Pierre Dac, le Général De Gaulle, le début des radios libres, et dans la série « la physique amusante », un mode d’emploi pour régler la stéréo. Suivons le conseil qui nous est donné : accordez vos appareils !, et laissons-nous aller tour à tour à la nostalgie, au rire et aux questionnements sur l’avenir de la radio. Un délicieux chaos d’archives transformées.
Samedi 1er novembre :
Kursaal – 20h30
2e concert de la soirée
André MINVIELLE
Didier PETIT
André Minvielle (voix, chant, bouteille, vielle à roue, percussions), Didier Petit (violoncelle, voix, chant)
André Minvielle est un troubadour agile, un bateleur du verbe à la langue velue. Il est un accent aigu qui arpente les voix avec toute l’attention nécessaire à remuer nos méninges, celles qui restent trop tranquillement assises dans leurs fauteuils moelleux. Didier Petit, qui oscille entre Tristan Tzara et Maurice Baquet, chante avec son violoncelle. Les tripes entreposées sur un pupitre qui vient juste de se casser la gueule sur ses pieds. Et la mémoire en bandoulière. Du tréfonds de leurs deux gorges, ils naviguent et nous chantent leurs vies mises en commun au cours d’un petit voyage musical à géologie variable. Entre le vocalchimiste et le violoncelliste-chantenbraille, la complicité est faite d’humour, de chahut, de poésie… Embarquement immédiat !
Dimanche 2 novembre :
Kursaal – 11h30
Gratuit
Louis-Michel MARION
Ashley-John LONG
Pièces de Scelsi, Xenakis, Saariaho, Berio, A.J Long, Barry Guy…
Louis-Michel Marion et Ashley-John Long (contrebasse)
Louis-Michel Marion aborde son instrument sans à priori, comme un générateur de sons. Son travail traduit une attention particulière, et à la qualité du son (et donc du silence), et à la tension du temps, dans une musique qui cherche à ouvrir l’espace plus qu’à l’occuper. Si depuis une dizaine d’années il se consacre essentiellement à l’improvisation musicale, il explore également les territoires de la musique contemporaine pour contrebasse solo. Ici, il nous fera découvrir son alter ego britannique Ashley-John Long au parcours similaire dans les domaines de l’improvisation libre, de la musique de chambre ancienne et contemporaine et du jazz. Au programme, un certains nombre de compositeurs d’aujourd’hui mais aussi la création de la pièce de Ashley-John Long : « Xas ».
Dimanche 2 novembre :
Kursaal – 15h (1er concert)
10€ / 5€ / 3€ pour les 2 concerts de l’après-midi
concert découverte : prenez une place, venez à deux
TRIO DE BUBAR
Chiaroscuro
Conte pour objets musicaux
Maxime Echardour, Romeo Monteiro, Claudio Bettinelli (percussions)
Le trio de Bubar est un trio de percussions atypique qui présente une démarche imaginative, ludique, surprenante. En effet, pour créer une musique aux sons originaux, le trio puise dans sa connaissance du détournement des instruments et, dans la création de situations variées basée sur une parfaite connaissance de la musique. Chiaroscuro est un conte en forme de saynètes pour objets musicaux. Les percussionnistes, à partir d’une structure métallique mobile, explorent des situations scéniques où leur recherche musicale trouve son expression. Du geste au son, de l’instrument à l’objet, de l’écriture à l’improvisation, Chiaroscuro est un spectacle aussi bien visuel que musical.
Dimanche 2 novembre :
Kursaal –15h
2e concert de l’après-midi
NABAZ’MOB
Opéra pour 100 lapins communicants
Chorégraphie et musique : Antoine Schmitt et Jean-Jacques Birgé
100 lapins Nabaztag interprètent tous ensemble, un opéra spécialement composé pour l’occasion par Antoine Schmitt et Jean-Jacques Birgé. Convoquant John Cage, Steve Reich, Conlon Nancarrow ou György Ligeti, cette partition musicale et chorégraphique ouverte en trois mouvements, transmise par Wifi, joue sur la tension entre communion de l’ensemble et comportement individuel, pour créer une œuvre à la fois forte et engagée. Cet opéra questionne les problématiques du comment être ensemble, de l’organisation, de la décision et du contrôle qui sont de plus en plus centrales et délicates dans notre monde contemporain.
Du 31 octobre au 2 novembre :
Grand-Kursaal
Entrée libre de 10h à 18h
Oh You Kyeong
Cube + mouvement
L’étude du changement de la pensée générale
Installation
Cuvement, c’est un mot combiné : cube et mouvement. La déconstruction est à la fois une destruction et une construction. C’est à partir de cette idée que Oh You Kyeong a réalisé cette installation de cubes en papier. Cette pièce est composée d’environ 3300 boîtes en papier léger disposées suivant la forme de l’hexaèdre. Ensuite, devant cette tour, elle positionne un grand ventilateur avec lequel les cubes tombent en se déplaçant et en se heurtant. L’effondrement se fait progressivement et les cubes, en montant et en descendant, se transforment continuellement grâce à l’air du ventilateur. En même temps, la ventilation crée une nouvelle architecture.



