Le peintre Jules-Emile ZINGG (Montbéliard 1882- Paris 1942)

Il vint à deux reprises au pays de Courbet : en 1925, à Scey-en-Varais et en 1932, à Amondans. De ces deux époques, il nous a laissé de très nombreux tableaux, qui aujourd’hui dans les ventes aux enchères atteignent des prix élevés jusqu’à 15 000 €...


Pour aller à la rencontre de ce peintre et vous le présenter, je vais me référer aux écrits des critiques d’art contemporain de Zingg.
D’un autoportrait du peintre, M. Royer disait de lui : Qu’il est doté d’un oeil magique, qu’il est dur et franc, qu’il est pourtant généreux, qu’il a l’orgueil des poètes.
Selon C. Leger : Il est de taille moyenne, sec, le poil roux, il darde sur les gens et sur les choses des yeux vifs, pénétrants et très mobiles. G. Peyronne, relate que:  son atelier, c’est la nature, riche et exigeante, ses paysages rudes et sensibles sont là pour en témoigner. Chez lui la sincérité, c’est fuir la facilité pour aller au coeur de  la nature.

Zingg est un peintre errant. Toute sa vie il aura parcouru au fil des saisons pour aller peindre, l’Auvergne, la Bretagne, la Franche-Comté. Il s’en va en famille, pour
plusieurs mois, son attirail de peintre au dos, habite dans les villages en partageant la vie des habitants, ne connaissant ni le confort ni les commodités domestiques.
C’est au cours d’un de ses déplacements qu’il vient à l’automne 1925 à Scey-en-Varais, pour un court séjour.
À propos de cette époque Zingg dit : En ce moment j’étudie le cas Courbet avec le miroir de Scey sous les yeux. Et il ajoute : La nature est magnifique et je ne peux m’empêcher de travailler du matin au soir. Je m’en suis payé ces jours-ci à en être malade. Les yeux me font mal… En ce moment, les hêtres, les chênes deviennent splendides ; des roux, des ors , des verts, et des sapins noirs et des fonds bleu foncé. A Scey-en-Varais il a peint entre autres des toiles intitulées : Le village de Scey-en-Varais, La Loue à Scey-en-Varais et La roche blanche à Ornans.

De son thème pictural de prédilection, G. Beucler a dit : La paysannerie est son motif viscéral, le lieu où s’appliquent ses recherches. Il est en contact avec la nature
et avec les gens qui la travaillent. Le monde paysan n’a jamais été traité ainsi. Son oeuvre est un chant passionné en l’honneur des saisons et des travaux.
En moissons, en labours, en scènes champêtres, c’est toujours la terre que Zingg peint presque exclusivement dans une passion furieuse.
En 1932, début août il s’installe pour quatre mois à Amondans où il loue une maison isolée pour y vivre avec sa famille. Et il écrit : de la maison j’ai de grandes fenêtres
qui sont de vrais ateliers. Je vois le plus beau paysage de la vallée de la Loue et ses rochers.

Ce séjour sera pour lui une saison fructueuse de peinture, il y brosse des tableaux aux couleurs de glèbe humide, mais aussi des scènes de moisson et de battage, où les gerbes de blé dorées passent de mains en mains avant d’aller s’entasser dans la batteuse.                                                                                                     

Zingg, dira de cette période : Je me plais beaucoup à Amondans. L’automne depuis quelques jours se manifeste, quelle orchestration de couleurs. J’ai vécu à Amondans dans un isolement absolu, travaillant comme un forcené, pris par les travaux des champs et les splendeurs mélancoliques de l’automne. Le pays est âpre et tragique, je suis navré de quitter cette région dont la beauté augmente chaque jour à l’approche de l’hiver.                                                                                                    Quelques-unes de ces toiles à cette époque ont pour nom : Chemin sur la route d’Amondans, Les regains à Amondans, Les labours à Fertans, La batteuse à Malans.

On peut remercier Jule-Emile Zingg, qui a su avec toute sa sensibilité et son talent rendre hommage aux paysans, grâce lui, des tableaux représentant nos villages et
ses habitants sont accrochés aux cimaises de nombreux musées en France.

                                                                                                                                                                                                                       Patrick FRECHARD

le 08 janvier, 2019
Connectez-vous pour commenter