L'état lance un plan national de lutte contre la maladie de Lyme

La maladie de Lyme est la maladie bactérienne transmise lors d’une morsure de tique. Si elle n’est pas soignée, cette infection peut engendrer des complications graves qui peuvent toucher plusieurs organes (articulations, cerveau, coeur...). 

 

Cette maladie porte le nom d’une ville des États-Unis dans laquelle elle a été identifiée pour la première fois. Elle touche chaque année plus de 26 000 personnes en France. Les régions Alsace et Lorraine sont les plus touchées, suivies des régions Franche-Comté, Champagne-Ardenne, Auvergne, Limousin et Rhône-Alpes. 

La bactérie de la maladie de Lyme est portée par de très nombreuses espèces d’animaux sauvages. Les tiques se nourrissent du sang de ces animaux et ne sont donc pas naturellement infectées. Cette maladie est quasi exclusivement transmise à l’homme par la morsure d’une tique infectée. Cela se produit généralement du printemps à l’automne, lors de promenade en forêt ou dans les herbacées. On ne peut donc pas contracter la maladie par contact direct avec un animal infecté ni par contact avec une personne malade.

Cette maladie se manifeste dans les trois à trente jours après la morsure de la tique. On peut décrire les symptômes de cette maladie comme se produisant en 3 phases et la 3e phase est celle des séquelles de l’infection chronique et de la réaction immunitaire qui en résulte.

La première phase est celle de l’infection cutanée aiguë avec une éruption sur la peau appelée « érythème chronique migrant » (ECM) que constatent près de 80 % des personnes infectées. Les malades peuvent se plaindre d’une fatigue, de maux de tête, et de fièvre, de douleurs musculaires et articulaires. Il est aussi possible d’observer des ganglions lymphatiques gonflés. Si la maladie de Lyme n’est pas traitée à ce stade, les signes peuvent néanmoins s’estomper spontanément et, pendant une période de latence clinique, l’infection va diffuser et activer le système immunitaire. C’est pourquoi il est important de se rendre chez le médecin traitant pour qu’il prescrive un traitement sous antibiotique. Après cette phase de latence apparaît la deuxième phase qui se caractérise par une fatigue extrême, une faiblesse, des douleurs et une raideur articulaires intenses, des maux de tête, des paralysies et des engourdissements touchant surtout les jambes (« polyradiculite »), des éruptions cutanées et une irrégularité du rythme cardiaque. Non diagnostiquée et non traitée, la maladie peut néanmoins régresser avant de passer à la troisième phase.

À la troisième phase apparaissent des arthrites chroniques dites « séronégatives » (sans aucun des signes immunologiques d’une polyarthrite connue) et des signes neurologiques témoignant d’une méningo-encéphalite chronique : maux de tête, étourdissements, paralysie... Ce stade de la maladie correspond à des séquelles qui sont peu régressives et vont durer des années. Peu de décès sont néanmoins directement provoqués par cette maladie, sauf chez le foetus pendant la grossesse.

Toutes les personnes peuvent contracter la maladie de Lyme, même si les professionnels travaillant en forêt sont les plus exposés, ceux qui y vont pour leurs loisirs peuvent l’attraper. N’oubliez pas d’inspecter votre corps lors de vos retours de forêt ! Que faire en cas de piqûre de tique ?

Enlevez la tique le plus rapidement possible avec un tire-tique disponible en pharmacie ou parapharmacie, ou une pince à épiler. N’utilisez aucun produit chimique (ni éther ni alcool). Désinfectez la plaie après l’extraction. Surveillez la zone du point de piqûre pendant 4 semaines. Si, après quelques jours, une rougeur apparaît, consultez rapidement votre médecin traitant.

Le 29 septembre 2016, Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, lance le Plan national de lutte contre la maladie de Lyme et les maladies transmises par les tiques. 

Ce plan d’action a été présenté aux associations de défense des malades. Une concertation est engagée avec elles sur les modalités de mise en œuvre des mesures. Par cette initiative, la ministre répond aux besoins de prise en charge des malades, renforce les outils de prévention et d’information, et développe la recherche sur cette maladie. 


Témoignage : Jean-Louis, 49 ans, agriculteur à Ornans

Je suis atteint de la maladie depuis 4 ans. Je suis donc selon les médecins au stade 2. La Maladie de Lyme m’a prise 40 % de mes forces que j’espérais retrouver avec le temps, mais non. J’ai également beaucoup de fatigue et de l’arthrose ce qui rend mon métier de plus en plus contraignant. Ajoutons à cela, un système immunitaire plus fragile, du coup c’est d’autres maladie qui se développent. C’est très frustrant de savoir qu’il n’y a rien à faire, les prises de sang ne détectent plus la maladie. Et Il faut toujours rester vigilant, car c’est pas parce que je l’ai eu une fois que je ne pourrai pas l’avoir à nouveau !

 

le 03 octobre, 2016
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