Les 25 mesures de la Mutualité Française pour lutter contre la démesure !

Actrice de la vie sanitaire et sociale, la Mutualité Française se positionne ardemment face au problème épineux du déficit de la Sécurité Sociale et  tente désormais de se faire entendre quant à certaines réformes annoncées par l’Etat. Forte d’un poids économique de l’ordre de 15 milliards d’euros, la Mutualité Française protège 36 millions de personnes, partant des principes (valeurs) de solidarité et absence de recherche de profit...

 

Juin 2003 au 37ème Congrès National à Toulouse, la Mutualité Française a adopté une résolution proposant 25 mesures pour rénover le système de santé (comme quoi les problèmes soulevés aujourd’hui datent d’hier).  En sa qualité de «professionnelle de la santé» comme le souligne son Président Jean-Pierre Davant, la Mutualité Française s’oppose d’emblée à la mise en place par l’Etat d’une «taxe sur les consultations (1€ supplémentaire à charge du patient), demandant le retrait radical de cette mesure et s’oppose également à une éventuelle augmentation du forfait hospitalier». D’une part au nom de l’équité des patients face aux soins !

D’autre part, en rapport aux analyses qu’elle conduit depuis dix ans et des solutions qu’elle propose à l’état pour prévenir les déficits de l’assurance maladie. Et ceci bien avant que le devenir du système de santé ne soit au cœur de la problématique sociale (à côté de la situation économique) sur le plan politique !
Selon Jean-Pierre Davant, «on ne fait que pallier le trou financier de la ‘sécu’ depuis 30 ans au lieu d’en identifier les causes réelles (…) on aura remboursé les déficits actuels en 2014 et ils atteindront 30 milliards d’euros au 31 décembre 2004, selon les prévisions. Même en retrouvant la croissance économique, le système tel qu’il est, va encore générer 12 à 15 milliards d’euros de déficit en 2005» ! Résorber économiquement le déficit de la ‘sécu’ ne suffirait plus, d’après cette réflexion ! C’est tout le système de santé qu’il faut réorganiser en profondeur et c’est ce que propose de mener à bien la Mutualité Française avec 25 mesures*, que l’on ne citera pas entièrement en quelques lignes !

Néanmoins, certaines notions sont à rétablir d’urgence, toujours selon Jean-Pierre Davant.
La qualité des soins est en perte de vitesse en France (même si sans commune comparaison avec le Mali) « la permanence et la continuité des soins prodigués ne correspondent plus aux besoins de la population, c’est insuffisant». Se rapportant à l’été dernier, outre la canicule, ces défaillances du système de soin seraient insidieusement la cause de l’augmentation de la mortalité des populations fragilisées.

De fait, la Mutualité Française est en accord avec les propositions du gouvernement quant à la création d’un dossier médical unique informatisé et donc partagé. Ce dernier participerait à l’élaboration d’un diagnostic précis ; gain de temps, en terme de soins et d’argent pour les remboursements. En ajoutant à ces premiers éléments, un système de soins sélectif au niveau social (pour les personnes ne pouvant ni payer de mutuelle, ni bénéficier de la Couverture Maladie Universelle), on s’aperçoit que 5000 personnes n’ont pas accès aux soins qu’elles nécessitent réellement.

Les négociations avec le Conseil d’Etat n’étant pas toutes arrêtées ** (8 juin le Conseil d’Etat se prononce et le 16 juin passage en conseil des ministres), nous vous invitons à relativiser ces données et vous sensibiliser d’avantage à l’actualité.
Certains textes diffusés sur le site Internet www.liaisons-sociales.presse.fr annoncent que la réforme serait abordée sous trois angles (remarquons l’emploi du conditionnel car c’est un avant-projet de loi diffusé aux différents partenaires sociaux). Entre autre, la maîtrise médicalisée des dépenses, l’organisation du système et peu de financement !
Ces éléments trop peu vérifiables ne permettent pas une quelconque prise de position pour qui voudrait le faire ! Cependant, ils ont au moins le mérite de révéler le grotesque d’une situation chaotique, nécessitant  de tels «chamboulements» que chacun s’occupe plus d’en connaître les causes et supposer les conséquences pour les générations futures que d’informer clairement les générations actuelles, directement concernées, celles là même qui feront «amende honorable», c’est certain !
Aline Prévitali

* voir le site Internet www.mutualite.fr
** à la rédaction de cet article
Pour le Président de la Mutualité Française, le plus important est désormais de :

• Constituer une «Haute Autorité de la Santé», sorte de Conseil Supérieur en la matière, de surcroît intègre, face à l’Etat qui décide de toutes les réformes à l’heure actuelle et aux entreprises pharmaceutiques qui encouragent les professionnels de la santé à préconiser certains médicaments plutôt que d’autres. Pour cela, il faudrait créer, unifier et entretenir un dialogue entre trois entités représentatives de ce directoire : les caisses d’assurance sociale,  les professionnels de la santé, les mutuelles dirigées par la Mutualité Française. Cette autorité évaluerait les pratiques médicales en fonction de l’avancée des technologies «la médecine étant une science évolutive et non plus seulement exacte. La vérité aujourd’hui n’est plus celle de demain» !

• Créer un établissement public national chargé de répertorier, rassembler les données de santé.

• Créer une politique de prévention car 95% des fonds sont alloués à la médecine curative.

• Créer un crédit d’impôt égal quelques soient les niveaux de revenus pour faciliter l’accès de tous aux garantis mutualistes solidaires et viagères.
le 01 juillet, 2004
Connectez-vous pour commenter