Objectif Mira, regarder plus loin sans voir

MIRA-France (Association Française de Chiens Guides pour Jeunes Handicapés Visuels) a pour objet, habituellement, d’attribuer gratuitement des chiens-guides à de jeunes non-voyants. Son originalité repose sur le fait qu’elle est la seule au monde à offrir des chiens aux adolescents dès l’âge de 12 ans. C’est sous l’égide de MIRA-Québec, créée en 1981, que MIRA-France s’est développée voici 10 ans. Son siège social se trouve à Besançon mais l’association rayonne dans tout l’Hexagone. Mme Liliane Bourgeois-Jeanneret (administratrice-trésorière) a accepté de répondre aux questions du MAG...

LE MAG : Tout d’abord, pourquoi avoir décidé de venir en aide à M. Pointurier ?Mme Bourgeois-Jeanneret : Par exception, parce que Vincent Pointurier, dans le cadre du COMITE AMATHEY, nous avait déjà fait des donations. Nous le connaissions au travers de sa générosité et parce qu’il était membre du Comité. Vincent nous est très sympathique, son cas nous a ému et nous avons décidé de le soutenir. Il était prévu que nous l’aiderions en 2005, mais le décès précipité de son chien a accéléré les démarches. Cela bouscule un peu nos objectifs et nos possibilités financières pour aller au plus vite.

LE MAG : Un chien-guide vaut 15 000 euros, comment s’organise votre staff pour obtenir de telles sommes et qu’est-ce qui est compris dans ce montant ?
Mme B.-J. : La sélection du chien, son élevage-éducation pendant 2 ans, la formation du candidat et son voyage au Canada. Mais pour répondre à votre première question, nous avons notre propre réseau de collectes de fonds constitué :
- en priorité cette année (et c’est nouveau), des entreprises car nous concluons des conventions de partenariat avec 2 industries de Besançon (Cyclop et Franche-Comté Matériels). Chacune s’est engagée à financer un chien sur 2 ans.
- par ailleurs, environ 1000 pariculiers nous assistent. Nous venons d’écrire à 400 d’entre eux, ceux qui nous ont aidé au 1er semestre 2004 afin de leur rendre compte de l’action réalisée cette année grâce à leurs dons. Les informer, c’est aussi une façon de les fidéliser.
- Et puis, les clubs services participent.
- Sans oublier les collectivités : Mairies, Conseil Général.

LE MAG : Êtes-vous nombreux en tant que membres actifs ?
Mme B.-J. : Nous avons des bénévoles mais dans ce type d’association, il en faudrait toujours plus. Cependant, les bénéficiaires aveugles avec leurs chiens sont automatiquement membres actifs. Ils nous accompagnent dans nos rendez-vous de présentation de l’association MIRA. Ils illustrent en effet l’épanouissement acquis grâce à leur chien-guide. Nous organisons aussi des manifestations : lotos, soirées-repas, concerts… Lorsque nous nous engageons à donner un chien à un bénéficiaire. S’il nous aide par son propre réseau de relations, c’est bien, mais ce n’est aucunement une obligation. Jamais un bénéficiaire n’est appelé à " mettre la main à la poche " personnellement.

LE MAG : Comment a débuté cette initiative et pourquoi à Besançon ?
Mme B.-J. : Il y a 20 ans à Besançon exerçait le Professeur Montagnier. Très rapidement, il s’est aperçu de l’importance que représentait le chien dans l’éducation des enfants (et pas uniquement non-voyants). Par la suite, plusieurs universitaires se sont penchés autour de cette mouvance et ont pris en compte de façon particulière les aveugles. D’où la création du CESO à l’époque, le CREESDEV maintenant, qui est une école de formation pour aveugles. Le Québec était au courant des travaux du Professeur Montagnier, c’est ainsi que se sont créés les liens avec Besançon.

LE MAG : Que vous apporte MIRA-Québec ?
Mme B.-J. : Bien que nous soyons filleule de la Fondation de Ste-Madeleine, nous sommes financièrement et juridiquement complètement autonome. En revanche, nous continuons à bénéficier de leurs savoirs, expériences et de la qualité de la formation des chiens. C’est une véritable entreprise de 100 permanents et de plus d’un millier de bénévoles qui élèvent en permanence 150 à 200 chiens. Ils ont même conçu une race particulière : le Labernois, résultant du croisement Labrador/Bouviers-Bernois. En outre, ils ont fait leurs preuves dans la psychomotricité et font montre de nombreuses exigences, car être un chien-guide est un véritable " métier ".

LE MAG : Un chien-guide est mis à " la retraite " après 8/10 ans de bons et loyaux services, qu’advient-il de lui ensuite ?
Mme B.-J. : Le chien est fatigué mais souvent l’attachement est tel que les bénéficiaires le gardent et cela se passe très bien avec le petit nouveau.

LE MAG : Quel est votre leitmotiv ?
Mme B.-J. : Je souhaite pouvoir continuer, avec les autres membres, de rendre des non-voyants heureux. La richesse de MIRA, ce sont les bénéficiaires et leurs chiens-guides. Créer des liens, contribuer à rompre l’isolement, tel est notre premier objectif. Nous formons une équipe avec les jeunes et leur famille. A l’arrivée, ce n’est que du bonheur.
Même si un projet de loi a été déposé, celui-ci n’a toujours pas été voté. Que voulez-vous ? Il en va ainsi avec les pouvoirs publics : on en débat au Parlement, puis on renvoie le colis au Sénat… Et comme cela, on pourrait attendre la St-Glinglin s’il n’existait pas d’associations ou d’ONG pour secouer l’appareil étatique.
Ah ! Sachez toutefois que si vous faites un don à MIRA, 60 % seront directement déductibles de vos impôts, grâce au reçu fiscal que cette association vous adressera en retour.

CONTACT : www.miraeurope.org

 

 

le 01 décembre, 2004
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