Toute une équipe de canaris à Saraz

Ce n’est pas une rencontre de football organisée dans le Haut-Doubs, ni un retour des Iles Canaries dont le nom serait mal orthographié, mais une découverte insolite, celle de l’hébergement de près 700 canaris, de petits oiseaux exotiques très attachants à l’origine jaune, dans un village de vingt-deux habitants, Saraz. Incroyable, mais vrai !...

 

Les canaris, ces oiseaux de compagnie aux chants mélodieux et aux formes gracieuses ont charmé Pierre Destaing en 1985. A partir de cette date sa maison prend des allures de terre d’asile pour ces animaux vifs et au plumage de couleurs multiples : orange, rouge, jaune, vert… Une mosaïque multicolore. Aujourd’hui 400 jeunes et 300 adultes environ occupent une volière de 25 m2 construite spécialement pour eux et plusieurs dizaines de cages. Tout a été mis en place pour leur favoriser un mode de vie paisible : des graines et du pâté en quantité suffisante mais pas trop pour éviter une mort prématurée, des écuelles remplies d’eau chaque matin et des perchoirs pour tous. Ils sont traités et soignés comme des enfants par un passionné de ces petits volatiles originaires de l’archipel espagnol de l’Atlantique, les Iles Canaries.
Un cadre de vie presque idyllique pour des sportifs qui participent régulièrement à des concours régionaux. Seule la liberté de voler dans les airs franc-comtois leur est impossible. Pierre Destaing le reconnaît volontier : ‘‘ Ils semblent heureux ici où ils peuvent voler et manger sans danger. J’apprécie beaucoup ces animaux sans quoi je n’aurais pas un tel élevage. Je préfère les canaris couleurs aux frisés ou de race Yorkshire. {…} Ce qui distingue le mâle de la femelle c’est qu’il chante et qu’elle piaille et le mâle est plus beau que la femelle. {…}. Ces animaux déploient une énergie incroyable pour voler de perchoir en perchoir. ’’ Un spectacle continuel de couleurs et de vie captivan.

Une passion partagée
Certes avoir chez soit plusieurs centaines de canaris impliquent obligatoirement des frais conséquents. Nourriture, bagues pour connaître leurs jours de naissance et participer à des concours de plus en plus draconiens, l’habitat de ces oiseaux attrayants et les frais de transport des canaris sur les lieux des concours. Mais quand on aime on ne compte pas.
Un état d’esprit auquel n’adhère plus totalement Pierre Destaing, décidé à réduire le nombre de canaris dans les mois à venir. ‘‘J’adore les rencontres qui accompagnent ce loisir, mais cette passion me prend beaucoup de mon temps et m’amène à piocher des sommes importantes dans le budget familiale.’’ Chacun a ses hobbies renchériraient certains, mais il ne faut pas en faire trop non plus.
L’attachement à ces charmants volatiles est un sentiment que partage d’autres Doubiens, membres également de l’association ornithologique de Besançon présidé par Yves Cuenot. Les adhérents, une demie douzaine, s’échangent souvent des canaris pour diversifier leur élevage et alléger aussi leurs dépenses tout en continuant à se faire plaisir. Sans quoi cette passion serait un vol d’oiseau à la renverse.
Marie-Lou PIRES
le 01 novembre, 2005
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