Jean-Claude Bourgeois

Jean-Claude Bourgeois, peintre figuratif, né en 1932 à Paris et domicilié à Tarcenay, lieu-dit Bois-Vieille.

 

Petit fils de l’ancien distillateur d’absinthe Bourgeois à Pontarlier, Jean-Claude naît durant la période de l’entre-deux-guerres à Paris, ville de sa famille maternelle. Son père, franc-comtois d’origine reste très attaché à sa région et rêve de revenir s’y installer.

C’est à l’âge de sept ans que Jean-Claude renoue avec ses racines pontissaliennes. Durant les six années de guerre, les seules périodes de trêves qu’il connaît sont les Annonciades* de Pontarlier en juillet et août où son père, grand amateur d’art, l’accompagne. L’occasion pour lui de découvrir la peinture et de côtoyer les artistes. Un moment d’évasion et de complicité qu’il apprécie particulièrement.

Observer le public, donner un sens à chaque tableau, le voir imaginer les dialogues entre les personnages le fascine. Pouvoir offrir une part de rêve aux gens le porte tout naturellement à l’école des Beaux-Arts de Besançon à l’âge de 15 ans. Dans un premier temps, il suit une formation en art-déco pour se destiner au métier de tapissier décorateur mais ressent très vite le besoin de peindre, de conserver des traces visuelles des souvenirs de son enfance. Par ailleurs, il réalise le rêve de son père qui a toujours voulu exercer la peinture en tant que professionnel.

Amoureux de sa région et des valeurs traditionnelles qu’elle transporte, il s’oriente définitivement à l’âge de 20 ans vers une peinture figurative représentant distinctement les éléments (paysages, personnages, animaux...) en opposition à l’art abstrait. Son désir le plus entier est de figer et immortaliser les traditions comtoises qui tendent à disparaître pour que les générations à venir puissent se les remémorer.

Aujourd’hui la vie à la campagne est abordée de manière plus contemporaine. Les hameaux sous la neige, les chevaux et leurs traîneaux en hiver sont des sujets qu’il évoque fréquemment. Peindre représente pour lui une nécessité de neuf à dix heures par jour. Lorsqu’il ne peint pas, un carnet de croquis à la main, il sillonne les chemins qui mènent aux fermes comtoises isolées pour capturer avec sa mine de plomb les activités du monde paysan : la portée du grain aux poules, l’attelage des chevaux, les repas familiaux autour d’une table en chêne, la fumée qui s’échappe du tuyé. Les personnages de ses peintures interpellent le spectateur, l’incitent à la réflexion. La force de leur regard crée tout naturellement un dialogue que chacun est libre d’interpréter à sa façon. Peindre c’est faire vivre une idée, un souvenir. Un tableau n’est pas seulement un objet décoratif c’est un objet qui raconte une histoire. Le possesseur invente la propre histoire de son tableau. Pour découvrir la peinture de Jean-Claude Bourgeois l’association des amis du musée de Pontarlier organise une retrospective de ses œuvres du 22 juin au 16 septembre au musée de Pontarlier.
Emilie Cusenier

* Créées en 1924, les Annonciades, dont le but est de promouvoir l’art et les artistes de la région, sont recensées comme étant le plus vieux festival en Franche-Comté.
le 01 juin, 2007
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