CARELI : quel avenir pour le renard en Franche-Comté ?

Nuisible ou non, telle est la question que se posent les acteurs territoriaux sur le renard dans la région. Pour obtenir une réponse plus objective, le département du Doubs s’organise et crée le dispositif CARELI en partenariat avec des chercheurs.

 

Le dispositif CARELI, pour CAmpagnols REnards LIèvres, est né de nombreuses discussions entre chasseurs, environnementalistes et agriculteurs qui s’interrogent sur le statut du renard. Faut-il le protéger ou lui donner le statut de « chassable et susceptible d’occasionner des dégâts » (CSOD) ? 

Les arguments sont nombreux ! Les agriculteurs le trouvent utile puisqu’ils tuent les campagnols dégradant les cultures, tout autant que nuisibles puisqu’ils s’attaquent parfois aux poulaillers. Du côté des chasseurs, le renard se nourrit en partie de lièvres : ils sont alors dans l’embarras avec l’animal. La santé publique, elle, est plutôt embêtée par le renard puisqu’il peut être porteur de maladies telles que l’échinococcose alvéolaire. Enfin, les naturalistes aimeraient le protéger comme tout animal. 

 

Patrick Giraudoux, professeur d’écologie à l’Université Franche-Comté, membre honoraire de l’Institut Universitaire de France et chercheur au laboratoire Chrono-Environnement à Besançon, aide le collectif à mettre en place des protocoles d'observation communs : « on a retenu une zone expérimentale sur le premier plateau, c’est-à-dire dans la région de Valdahon-Vercel, une zone dans le Val de Mouthe et chacune de ces zones-là est divisée en deux : une zone témoin, une zone traitée ». La zone témoin définira le renard comme une espèce à protéger tandis que la zone traitée lui donnera le statut de CSOD. 

Pour que les résultats soient correctement observés, le dispositif doit être mis en place pendant au moins une dizaine d’années : « l’écologie, c’est une science sur le long terme ». Pour Patrick, CARELI, « c’est une façon pour les parties prenantes de co-évoluer, peut-être de trouver une entente, peut-être d’agréer sur un désagrément ».  

le 04 mars, 2020
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