Le Musée de la Résistance et de la Déportation en complète métamorphose en 2020

Dernière opportunité de visite avant fermeture jusqu’à l’automne 2022 pour complète métamorphose...

Ouvert depuis 1971, le Musée de la Résistance et de la Déportation fait figure de référence parmi les musées sur la thématique de la Seconde Guerre mondiale. Il dispose de collections dont la richesse est reconnue sur le plan national, tant au niveau des objets que des archives qu’il conserve. Le musée s’apprête à fermer ses portes le 6 janvier 2020 pour une rénovation totale. 

L’histoire du musée 

En 1964, au Musée des Beaux-arts et d’Archéologie de Besançon, une exposition commémore le vingtième anniversaire de la Libération. Choquée par l’infime place accordée à la déportation, Denise Lorach, elle-même ancienne déportée, s’adresse à Jean Minjoz, maire de Besançon et ancien résistant, qui lui suggère de fonder un musée, à condition que toutes les associations de résistants et de déportés s’unissent et s’y associent. Ainsi naît, en 1967, l’association des Amis du Musée de la Résistance et de la Déportation. Denise Lorach se consacre alors entièrement à la réalisation du musée. 

Le premier Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon voit le jour à la Citadelle le 17 juillet 1971. Sur le plan historique, la réalisation de ce premier musée est assurée par Denise Lorach et François Marcot, né en 1947, étudiant puis agrégé d’histoire et Professeur à l’Université de Franche-Comté. 

Quelques années après son ouverture, le succès conduit à envisager l’agrandissement et le déménagement du musée dans le bâtiment qu’il occupe actuellement, dit « des Cadets ». L’actuel musée est donc inauguré le 8 septembre 1982. 

Sa conception historique est assurée par François Marcot et par Denise Lorach qui prend en charge les salles consacrées à la déportation. La scénographie du premier comme du deuxième musée est quant à elle l’oeuvre de Guy Langlois, décorateur à l'Institut National de Recherche et de Documentation Pédagogique de Paris. 

Par la convention du 9 novembre 2001, l’Association des Amis du Musée de la Résistance et de la Déportation cède toutes ses collections à la Ville de Besançon. 

La richesse des collections présentées et des archives conservées conduit la Direction des Musées de France à l’inscrire parmi les établissements placés sous sa tutelle au sens de la loi n°2002-5 du 4 janvier 2002. 

En moyenne, plus de 50 000 personnes visitent chaque année le Musée de la Résistance et de la Déportation. Depuis son ouverture, il a accueilli plus de 2 millions de visiteurs. 

Musée d’histoire, outil citoyen 

Musée d’histoire, c’est la mission que le Musée de la Résistance et de la Déportation assume depuis son origine, et qu’il est plus que jamais indispensable de reconduire aujourd’hui. Il ambitionne toutefois de renouveler son approche pour renforcer son rôle d’outil citoyen. C’est cette double nature, musée d’histoire, fidèle à ses origines, et outil citoyen, au service de l’éducation civique, que le musée veut incarner pour l’avenir. 

Ainsi, au-delà de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, le discours du futur musée aborde des questions intemporelles comme celles de l’arrivée au pouvoir d’un régime totalitaire, de l’effondrement d’une démocratie, de la mise en place d’un système de répression et d’extermination à grande échelle, tout comme celles de la résistance et de l’engagement au nom de valeurs qui dépassent les individus. 

 

Vers un musée entièrement repensé 

- L’exposition permanente 

La totalité des espaces du musée sera repensée. Actuellement, l'exposition permanente couvre les deux étages ; elle n’occupera plus qu’un seul niveau. 

Une nouvelle muséographie y prendra place, basée sur des collections originales et les parcours de vie. 

En proposant, à travers les collections, de suivre quelques parcours personnels au fil de documents et d’objets, l’exposition contribuera à personnifier l’histoire pour la rendre plus sensible, plus proche. À l’heure où les derniers témoins disparaissent, c’est une manière de mettre en exergue les valeurs pour lesquelles les résistants ont combattu. 

La nouvelle muséographie permettra donc de mieux valoriser les collections du musée. Celles-ci, sans cesse enrichies par des dons et des acquisitions, comptent à l’heure actuelle plus de 100 000 pièces, parmi lesquelles 600 oeuvres dites « d'art concentrationnaire », 15 000 photographies, 790 affiches, 80 000 pièces d'archives et 2 500 objets. Le riche fonds d’art concentrationnaire, l’un des plus importants d’Europe, aura une place de choix dans la version rénovée du musée. 

- Une future programmation culturelle dynamique 

Le futur espace dédié aux expositions temporaires mettra en valeur la richesse des collections. 

En proposant chaque année une exposition nouvelle, ce sont autant d’objets et de documents sortis des réserves qui pourront être présentés au public. L’occasion donc de construire des manifestations culturelles de qualité en travaillant avec d’autres établissements, au plan régional comme au plan national, spécialisés ou non. 

Cet espace sera complété par un espace d’exposition-dossier. Ce dernier, plus réduit, permettra de créer un lien fort avec l’actualité, qu’il s’agisse des grands évènements (commémorations, décès) ou de la vie du musée (acquisitions, restaurations, programmation). 

- Mise en avant des extérieurs : un musée dans un lieu de mémoire 

L’une des particularités du musée est d’être un musée d’histoire, situé à proximité d’un lieu de mémoire. 

La Citadelle conserve encore certaines traces de la Seconde Guerre mondiale : graffitis, poteaux d’exécutions, destructions liées à la libération de Besançon, fresques réalisées par des prisonniers de guerre de l’armée allemande, etc. 

Par son architecture et son parcours s’ouvrant sur l’extérieur, le nouveau musée révèlera au visiteur l’histoire des lieux et cette connexion intime entre histoire et mémoire, à l’heure actuelle quasi invisible du public. 

- Un musée accessible à tous 

L’accessibilité est également au coeur du projet de rénovation du Musée de la Résistance et de la Déportation. Des solutions seront mises en oeuvre pour faciliter, autant que possible, l’accès du musée : installation d’un ascenseur, muséographie adaptée (hauteur des textes, passages de portes, etc.). 

Conscient des enjeux de compréhension et de transmission qui sont au coeur des objectifs du musée et du renouvellement de son exposition permanente, le nouveau parcours s’attachera à proposer plusieurs lectures possibles, prenant ainsi en compte la grande diversité des publics qui le visitent. 

Enfin, les visiteurs pourront profiter d’un espace d’accueil vaste, lumineux et confortable, inexistant à l’heure actuelle.

 

Coût du projet : 5 millions d'euros 

Architecte : APB Architecture 

Projets notables : la Maison des mémoires et cultures de la Guyane, la Cité royale de Loches, le Musée Napoléon de Brienne-Le-Château... 

Scénographe : Alexis Patras 

Projets notables : la Cité royale de Loches, le Musée Napoléon à Brienne-Le-Château…

 

Collection d’art concentrationnaire 

Cette collection est, s’il faut en désigner un, le trésor du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. Unique en France et l’une des plus importantes d’Europe, elle recouvre dessins, petites sculptures et peintures réalisés par les déportés dans les camps et les prisons du Reich. 

Actuellement, ces oeuvres ne sont visibles que sur borne interactive. Dans le futur musée, les visiteurs pourront les contempler dans plusieurs salles dédiées et comprendre le contexte de leur production.

Politique d’acquisition des oeuvres 

Afin d’enrichir ses collections, le musée poursuit ses efforts pour localiser les fonds, surveiller les ventes aux enchères ou encore entreprendre des démarches pour obtenir des dépôts d’autres établissements. En 2019, grâce à un long travail de recherche et de repérage, le musée a enrichi ses collections de 110 nouvelles oeuvres.

Le musée poursuit sa collecte durant sa fermeture 

Les dons sont les piliers de l’histoire du Musée de la Résistance et de la Déportation. Depuis ses origines, ils constituent l’immense majorité des collections. Ce mode d’acquisition caractérise le rapport parfois intime avec le musée, qui transforme la mémoire familiale en une histoire partagée. 

Lancée en janvier 2019, la « Collecte 39-45 » est une étape incontournable du projet de rénovation du musée, permettant d’enrichir et de renforcer les collections à partir des axes ciblés, de créer de nouveaux liens avec les descendants, et de nourrir la scénographie de la future exposition permanente du musée. 

La collecte d’objets témoins de la Seconde Guerre mondiale se poursuit donc sur la double échelle qui caractérise les collections du musée, à savoir sur le plan régional et plus largement sur le territoire national (en particulier en ce qui concerne la déportation, dont l’échelle est européenne). 

Une exposition itinérante consacrée aux dons circulera en région en 2020. 

Toute personne possédant de tels objets-témoins, et désireuse de voir ce patrimoine conservé et valorisé, est invitée à se rapprocher du Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon. 

Contact : Aurélie Cousin, Assistante de conservation 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  - Tél. 03 81 87 83 12

le 23 décembre, 2019
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