Retour sur la première édition du Festival Tentation Voyage

Entre ateliers sur les façons de voyager et projections de films en présence des protagonistes, l'événement qui s'est déroulé du 22 au 24 novembre à Pontarlier s'articulait autour d'expériences, où des artistes-voyageurs apportaient également leur vision illustrative. Revenir sur le festival en s'y plongeant peut nous faire s'évader...

Voyager, c'est partir près ou loin dans un quelque part qui nous retient, pour un temps avant de poursuivre son chemin. Puis rentrer avec ses carnets. Parfois avec ses dessins, ses photos, ses films.
Tentation Voyage incitait un partage protéiforme. Car il s'agit moins aujourd'hui de contempler des décors que de la volupté dans l'échange. Si la chanson du rappeur OrelSan, suggère que la Terre est ronde pour la seule raison de revenir à la maison un tour du monde, ce n'est pas toujours l'envie qui tient le rôle de pesanteur. "Lorsqu'on est dans un voyage à pieds qui est très lent on est comme un enfant, tous les jours c'est la fête à découvrir et apprendre", explique Caroline Moireaux du projet Pieds libres.
Après sa marche itinérante qui l'a emmenée dans trente pays, la randonneuse se dit ne pas avoir été pressée de rentrer. Le moteur dans son cas est la rencontre. Se rendre compte d'un quotidien dans différentes campagnes du monde. Les journées de monsieur et madame Tout le monde loin du folklore et du tumulte touristique. Cependant pour Guy Cretin, architecte à la retraite depuis 2011 et féru de voyages, les paysages demeurent importants à la source de ses aquarelles et dessins. Sa dernière expédition, en Arménie, lui a fait découvrir les monastères en altitude. Les cultures des populations se conçoivent à l'aune des décors qui les abritent. Des lieux que M. Cretin croque sur place. "Je ne cherche pas à créer des tableaux élaborés, il faut que ce soit spontané et dans l'esprit du carnet de voyage", décrit-il. Dans le cas de Caroline Moireaux, éviter les places trop communes ne l'a pas empêchée d'entrevoir la tradition ou même des lieux importants lorsque cela se présentait à elle; "Ća n'était pas des choses planifiées et parfois des gens voulaient me montrer des parties chères à leur coeur dans leur ville ou leur village", assure la jeune femme.

 
"PARTIR SEUL N'EST PAS FORCÉMENT VOYAGER SEUL"
 
L'ouverture aux autres est encouragée par le voyage en solo. Mais cette façon de voyager demande également d'apprivoiser une "solitude qu'Il ne faut pas voir négativement", atteste l'animatrice bénévole Laura Cuenot. La problématique a largement été abordée durant l'atelier que Laura a proposé. La solitude est une succession de moments où l'on se retrouve avec soi-même.
Des moments somme toute inconstants. Partir seul n'est pas forcément voyager seul", assure celle qui s'est envolée en solo par deux fois. Mais d'autres partent à plusieurs, notamment en binôme comme Florence Archimbaud et Sylvie Massart. Elles voyagent toujours ensemble, et jusqu'à présent à vélo.
Quinze à vingt kilos de matériel chacune qui leur ont permis de parcourir le monde. "On a confiance l'une en l'autre et connaisons les points forts ainsi que les points forts de sa partenaire", assure Florence Arhimbaud. La conférencière venait présenter leur dernier film projeté durant Tentation Voyage. Un étonnant périple à Hokkaïdo (Japon) dans l'hiver. Rouler à bicyclette sur la neige n'est pas fréquent.
Par ailleurs dans le film, les exploratrices ont volontairement conservé les chuintement des pneus qui rongeaient le sol. La fois précédente où elles avaient traversé cette ville, c'était durant un tour du monde, et en saison automnale. Revenir voir les grues à tête rouge, visibles exclusivement à Hokkaïdo, et d'observer les danses nuptiales d'hiver afin de mieux apprécier ces oiseaux, a été un objectif. Florence et Syvie envisagent leurs épopées futures à d'autres périodes de l'année, s'écartant des temps froids. Elles ne regrettent pas mais l'hiver imposent des conditions éprouvantes.
 
DESSINER POUR FAVORISER LA MÉMOIRE DANS LE VOYAGE
 
Le Japon est l'avant-dernier voyage en date de F.Archimbaud et S.Massart. Il a été suivi d'une aventure en Laponie. "Nos trois derniers voyages se sont déroulé dans l'hiver, nous avons envie de retrouver des températures un petit peu plus clémentes", convient Florence Archimbaud tout en confirmant l'immense joie qu'a procurée chaque expérience. Et sortir des habitudes de nos modes de vie crée des peurs.
C'était justement le un centre d'attention majeure de l'atelier qu'animait Laura Cuenot, à Tentation Voyage. Elle cherchait à libérer des craintes qui ont tendance à retenir les quidams. Par exemple, voyager seul, bien que de plus en plus rechercher, est assez nouveau et peut déstabiliser. "Nous vivons dans un cadre social et sommes rarement seuls. Toutefois ça permet de rédiger un carnet de voyage", défend Laura. "Rédiger" pas toujours : ceux de Guy Cretin ne sont conçus que de dessins, pas de texte, "ce qui m'intéresse c'est dessiner" persiste-t-il. Ses oeuvres spontanées ne manquent pourtant pas de structuration avec des perspectives et a fortiori des points de fuite.
Ainsi, les qualités du métier d'architecte sont la plus-value à l'inspiration de Gui Cretin. Il n'utilise pas non plus la photo, privilégiant de pouvoir analyser ce qui a été dessiné. Selon lui, "quinze jours après avoir fait une photo on a oublié l'endroit où elle a été prise". Guy Cretin argue garder en mémoire tous ses dessins. Quand à Florence Archimbaud et Sylvie Massart, puisqu'elles roulent à deux, il y a un partage des tâches dont Sylvie Massart s'occupe des prises de notes textuellement ainsi que de la partie technique. A Florence la charge de filmer et photographier.
 
le 06 décembre, 2019
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