J’veux pas aller au collège, j’peux pas…

Aujourd’hui on estime à environ 2% de la population jeune, les ados qui ne peuvent pas se rendre dans leur établissement scolaire. Les familles venant consulter un psy pour ce motif sont de plus en plus nombreuses...

Le refus anxieux de l’école ou phobie scolaire, c’est quoi ?

Quand des raisons irrationnelles poussent un jeune à ne pas se rendre en classe, que sont constatées des somatisations, tels maux de tête, maux de ventre en périodes scolaires, et qu’une crise de panique apparaît quand les parents tentent de le contraindre, nous pouvons parler de refus anxieux de l’école chez l’adolescent. Parfois, la crise de panique survient sur le chemin du collège, ou en classe.

L’ado tente d’expliquer à ses parents, à partir d’arguments qui en apparence tiennent la route (mauvaise ambiance de classe, profs « maltraitants »...) les raisons qui le poussent à rester à la maison. Des manifestations anxieuses, telles que la peur de téléphoner, de s’adresser à des inconnus, la peur des transports, peuvent apparaître également. L’ado pris dans le refus scolaire peut se couper progressivement de l’extérieur : il abandonne alors ses activités extra-scolaires et est peu enclin aux nouvelles expériences : le cercle familial lui suffi t. Paradoxalement, à la maison, le jeune n’en fait qu’à sa tête, devient agressif et tyrannique, tentant d’imposer ses lois, ses rythmes : les parents sont désarmés.

Le refus scolaire anxieux n’est pas forcément en lien avec un rejet des apprentissages. On entend souvent « je pourrais m’inscrire par correspondance, j’apprendrais à mon rythme ».L’ado supplie ses parents de ne pas se rendre au collège mais promet (en y croyant) qu’il ira le lendemain, la semaine suivante, voire après la fin des prochaines vacances. Dans une extrême détresse, le jeune, s’il est contraint, peut évoquer fugue et suicide.

Les prises en charge

Aujourd’hui, il existe plusieurs types de prise en charge (souvent longues) en fonction de la sévérité du refus scolaire anxieux :

• psychothérapie individuelle

• psychothérapie groupale avec médiation

• hospitalisation en service de psychiatrie infanto-juvénile

• prise d’antidépresseur (réduction de l’anxiété)

Plus tôt commencera la prise en charge, meilleurs seront les pronostics de guérison. La guérison, certes, passe par un retour en classe mais n’est pas l’unique objectif : l’adolescent investira davantage ses pairs, ses relations avec ses parents auront évolué, il vivra de nouvelles activités en lien avec l’extérieur. Il est important de noter que les parents fragilisés par le comportement de leur ado doivent être soutenus. Parallèlement, leurs implications dans la prise en charge de leur enfant est un facteur d’évolution favorable.

À voir : Le mal de grandir , documentaire de Cécile Tartakovsky et La vie scolaire de Grand Corps Malade et Mehdi Idir.

À lire : Le jour où je n’ai pas pu aller au collège de A.-M. Rocco et J. Touchard Phobies de F. Vandermeersch

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Axelle Pain, Psychologue clinicienne

www.onpeutenparler.fr

06 45 66 21 35

4 Rue Eugène Cusenier, 25290 Ornans

le 24 novembre, 2019
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