Poulailler industriel de Flangebouche, le temps est aux changements selon les opposants

Le temps est aux changements, et pas seulement à celui du climat ! Il est aussi à celui de l’agriculture...

"Les consommateurs veulent une autre façon de s'alimenter : ceux qui les nourrissent voient leurs habitudes changer.
Beaucoup d’agriculteurs tirent les leçons des erreurs passées (certaines persistent pourtant encore) et aimeraient pouvoir changer de façon de travailler leur terre, notre terre à tous.

Le temps n’est plus à la production de grande consommation, celle qui, pour baisser les prix, est de mauvaise qualité nutritive. Envisager un élevage de 29 000 poulets (comme récemment à Flangebouche) est une erreur d’autant plus grave au moment où l’Europe vient de signer un accord avec le Mercosul, un accord de libre échange commercial avec l’Amérique du Sud. Il prévoit l’importation de 100 000 tonnes de poulets. C’est une concurrence qui tirera la production française vers le bas et ne peut pas être longtemps viable.

N’oublions pas en outre que le réchauffement climatique n'est plus discutable : nous ne pouvons plus accepter un accord climaticide !

L’agriculture française, et tout particulièrement celle du Doubs, n’est pas une usine qui fabrique ses produits à la chaine. Elle ne l’a jamais été et ne le sera pas. Le Préfet du Doubs l’a bien compris et nous en sommes tout à fait satisfaits.

L'agriculture moderne doit être respectueuses de l'environnement, créatrice d'emplois, favoriser les circuits courts et permettre une alimentation de qualité pour tout le monde. En un mot l’agriculture moderne ne doit pas être “hors sol” ; elle doit s’intégrer dans son territoire".

Un communiqué de
la Confédération paysanne
et de France Nature Environnement

 

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Élevage de Volailles de Flangebouche, des prescriptions spéciales imposées par le Préfet du Doubs

A la suite de la consultation du public prévue par les textes et avis du CODERST (Conseil Départemental de l’Environnement et des Risques Sanitaires et Technologiques), le préfet du Doubs avait refusé, le 11 avril 2019, l’enregistrement d’un premier projet d’élevage de 33 000 volailles de chairs sur la commune de Flangebouche

Ce refus était justifié d’une part, par les considérations techniques, entre autres sur la nécessaire maîtrise du compostage des effluents d’élevage en l’absence de plan d’épandage, et, d’autre part, par le choix d’un mode de production intensif dans la zone AOP Comté, justifiant une sensibilité locale particulière.

Conscient que le choix de l’exploitant pour ce mode intensif résulte d’un manque de disponibilité de terres agricoles dans la zone projetée d’installation, le préfet du Doubs a rapidement engagé, en concertation avec la profession agricole, les élus locaux et les services de l’État, une réflexion pour dégager les ressources foncières utiles pour une orientation du projet vers le mode initialement prévu par l’éleveur : un élevage avec parcours en plein air. Sans attendre l’aboutissement de cette démarche, l’exploitant a opté pour le dépôt, le 2 mai 2019, d’un dossier soumis au régime de la simple déclaration, pour un effectif réduit à 29 900 volailles.

Considérant que les intérêts mentionnés à l’article L511.1 du Code de l’environnement [En particulier, l’article L 511‐1 du code de l’environnement vise à protéger les intérêts de l’agriculture, qui incluent localement la préservation des facteurs de qualité attachés à la labellisation de la zone AOP Comté. Ainsi, le cahier des charges de l’AOP Comté, d’une part, prône l’autonomie fourragère et la recherche locale de valeur ajoutée et, d’autre part, valorise l’image d’une agriculture traditionnelle et raisonnée.] ne sont pas garantis par l’exécution des prescriptions générales prévues pour les installations classées soumises à déclaration, le préfet du Doubs, après avis à l’unanimité des membres du CODERST réuni le 1er juillet 2019, a fixé par arrêté, les prescriptions spéciales nécessaires suivantes, qui tant qu’elles n’auront pas été intégralement respectées, ne permettent pas la mise en oeuvre de ce projet.

Les prescriptions spéciales fixées par l’arrêté préfectoral sont les suivantes :

• la prise en compte d’une pratique d’élevage préservant l’image traditionnelle de l’agriculture en zone AOP Comté, notamment par la mise à disposition d’un parcours extérieur pour les volailles élevées ;

• Une meilleure intégration paysagère par la mise en place d’écrans de végétation d’espèces locales autour du bâtiment d’élevage ;

Une série de mesure visant à une surveillance renforcée du processus de compostage.

le 08 juillet, 2019
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