Des deux côtés du miroir jusqu'à Arles

Des Deux Côtés du Miroir, projet de correspondance entre des apprentis de Bâtiment CFA Franche-Comté et des « apprenants » du centre AO-BTP à Ouagadougou au Burkina Faso...

L’échange s’est traduit par la réalisation de photos. Plusieurs partenaires actifs se sont engagé dans l’élaboration du projet monté en octobre 2017. Après une exposition sur les murs extérieurs du CFA, une autre série de clichés va être exposée au festival des Rencontres photographiques d’Arles.

L’objet de la participation aux Rencontres d’Arles est de présenter la correspondance, en utilisant les images pour en faire ressortir le plus essentiel. La direction à suivre semble avoir été une partie difficile à mettre en oeuvre, tant le projet guidait ses propres étapes. Ceci tout en faisant confiance, à des jeunes capables de créativité les incitant à produire. Il fallait avoir de la matière d’où extraire le plus singulier. Les photos ont été réalisées à l’aide des smartphones, outil d’appoint que l’on a toujours sur soi. il est de surcroît possible à présent d’en tirer une bonne qualité de photos. « La pratique se veut assez différente de celles d’un réflexe ou d’un appareil un peu plus professionnel, dans le sens où l’accès aux réglages est moindre », explique Quentin Coussirat, opérateur sur le projet. La choix matériel devait montrer que la pocket photo ne sert pas uniquement à documenter le quotidien. Les mobiles peuvent effectivement servir à la création, sur des objectifs de prise de vue qui ne se changent pas.

Aller vers l’immixtion dans une pratique
Un travail par étapes était nécessaire. Poser des échéances fait boucler un projet : « Cela permet d’avancer un peu plus vite et de fixer les choses », retient Quentin Coussirat. C’est en tant qu’intervenant artistique que Quentin a conçu les ateliers pédagogiques. Il atteste que sans le rendez-vous prochain à Arles, le projet se serait éternisé. L’intervenant avait déjà dirigé une mission similaire un an plus tôt. Laquelle consistait à développer un club photo avec une mixité d’adolescents. Les uns aux troubles du comportement, les autres défécients visuels. L’expérience de Des deux côtés du miroir aura donné à Quentin Coussirat les mêmes accents. « La même passion de partager mes connaissances, d’échanger sur la pratique de la photo », assure-t-il. Le rôle de ce volontaire était d’apporter aux élèves une culture visuelle et de les guider dans la technique. Cette dernière, comprenant l’ouverture et la vitesse, a son importance comme composante de la création d’une image. Plutôt qu’une forme académique de la pédagogie, Quentin appliquait au CFA celle d’un conseiller qui aiguille le choix des thématiques. En l’occurrence autour des futurs métiers des jeunes, couvreurs et charpentiers, artisans en devenir. Il donnait des avis. Proposait des axes de travail destinés à affiner une approche. L’artiste animateur utilisait en référence des photographes célèbres de plusieurs époques de l’histoire de l’imagerie. En somme, il défendait l’idée de devoir « manger de la photo et en voir beaucoup pour se forger une culture ». Mais aussi de connaître les travaux existants, à avoir de quoi d’autres photographes ont documenté leur monde. Il s’agissait d’aborder des univers enrichissants pour l’immixtion dans une pratique créatrice.
Ce projet bénéficie de partenaires actifs : Bâtiment CFA Franche-Comté, le réseau Canopé, le Frac Franche-Comté, et, au Burkina Faso, AO-BTP. Un projet soutenu par la Région Bourgogne-Franche-Comté.
 
(Retrouvez l'intégralité de l'article ici : lapepiniere-culturelle.org)
le 17 juillet, 2018
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