50 bougies pour l’entreprise Calvi

À l’occasion des 50 ans de la société Calvi, notre radio a souhaité rencontrer ses gérants pour quelques questions.

Villages FM :
Pouvez-vous nous faire un rappel historique de la société Calvi ?

Olivier Calvi : La société Calvi a été créée en 1961 par Célestin Calvi, mon grand-père. Il achetait essentiellement des petits bois résineux pour la papeterie. Daniel Calvi son fils a acheté des bois plus gros, des grumes résineux destinés aux scieries, puis du feuillu pour le sciage. En 1992, la société a investi dans une scierie à Montrond-le-Château où l’on fait du sciage de feuillus, du hêtre essentiellement, mais nous scions d’autres essences comme le chêne, le frêne et le merisier… Puis la société a acheté des abatteuses pour travailler en forêt. Mais elle est axée majoritairement sur le petit bois c’est à- dire tout ce qui concerne les bois de trituration mais également les petits bois à forte valeurs par exemple pour des poteaux de téléphone, des barrières de sécurité… Les gros résineux eux sont davantage exploités par les scieries traditionnelles de la région.

Villages FM : Pourriez-vous nous donner quelques chiffres en terme de volumes exploités ?
Olivier Calvi : On exploite de petits bois, de faible de valeur qui relèvent presque plus de la sylviculture que de l’exploitation. Ces petits bois de trituration résineux et feuillus vont de 5 à 20€ le m3. Cela représente 250 000 m3 tout confondu et environ 80 000 m3 en feuillus mais l’essentiel à retenir c’est que nous achetons 90 % de nos bois sur pied… nous sommes donc à ce titre de véritables exploitants forestiers !

Villages FM : Dans un souci environnemental vous vous engagez à replanter les arbres coupés ?
Olivier Calvi : Dans la mesure du possible on essaie de reboiser nos coupes d’exploitation.
On encourage les propriétaires forestiers qu’ils soient privés ou publics à fortement reboiser. Mais aujourd’hui ce que l’on reproche, c’est le fait que les plantations soient laissées à l’abandon partout en Franche-Comté ce qui pose un véritable problème d’avenir. On encourage une sylviculture dans nos forêts publiques qui ne correspond pas à la demande du marché. Nous sommes en concurrence avec des pays comme l’Allemagne qui eux ont de grandes zones de plantations. Il faut encourager la replantation pour éviter que la Franche-Comté soit en déficit dans les trente années à venir de petits bois résineux.

Villages FM : Quel est votre ressentiment face à un marché en perpétuel évolution ?
Olivier Calvi : Autrefois dans les forêts communales et domaniales il y avait beaucoup trop de gros bois (…) il y a eu une action menée part les services de l’ONF pour éliminer une partie de ces gros bois qui ne correspondait plus au marché. Aujourd’hui les axes de développement sont « la maison à ossature bois ». Et pour ces constructions, il nous faut un bois homogène pas spécialement de gros diamètre. Des bois de 70 ans nous vont très bien à condition que ce soit des futaies et non des bois jardinés où ces bois sont plus noueux. Aujourd’hui les scieries rencontrent déjà des difficultés à trouver les produits dont ils ont besoin parce que la région n’arrive pas à fournir suffisamment les sciages dont on a besoin pour ces constructions ossature bois. Il faut à notre avis reprendre à zéro la gestion de certaines forêts, et favoriser les plantations artificielles (…) par exemple à partir de 800 m d’altitude si les sols s’y prêtent, il faut replanter des épicéas car ils vont nous manquer dans les années à venir.

Propos recueillis par Sophie GARNIER
le 25 octobre, 2011
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