Éric ALAUZET rejoint le nouveau groupe parlementaire « Socialistes Ecologistes Républicains »

Six députés écologistes*, dont Éric Alauzet, ont quitté ce jeudi le groupe écologiste de l'Assemblée nationale...

 

Ce départ est le résultat des divergences profondes entre les deux sensibilités représentées, d'une part, par François de Rugy, et, d'autre part, par Cécile Duflot. Afin de poursuivre leur travail et de disposer de moyens matériels pour ce faire, les six députés vont rejoindre le groupe socialiste, républicain et citoyens (SRC) qui, outre les socialistes, comprend des élus républicains et du mouvement des citoyens, mais aussi les « frondeurs » du groupe socialiste.

A cette occasion, ce groupe change de nom et devient ainsi le groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain (SER).

Le député du Doubs est meurtri de cette situation.

Elu sur une candidature commune EELV-PS, au lendemain de l’élection de François Hollande, dans une majorité rassemblant socialistes, écologistes et radicaux de gauche, Éric Alauzet était à l’action au sein de son groupe écologiste pour relever les défis compliqués des réformes de l’accord commun PS-EELV, dans une économie mondialisée et libérale.

Le groupe écologiste à l’Assemblée nationale est né de la présence en nombre suffisant de députés élus dans le cadre d‘un accord de majorité en 2012 et de la volonté de porter une parole écologiste plurielle dans le débat parlementaire. Mais la sortie par surprise du gouvernement des ministres EELV en 2014 a cristallisé deux visions au sein du groupe écologiste. Pourtant un équilibre organisationnel avait été trouvé depuis pour maintenir le groupe et ainsi peser dans le débat parlementaire. Cet équilibre vient d’être remis en cause par la sensibilité réunie autour de Cécile Duflot, du fait du refus d’une coprésidence assurée par leur collègue Véronique Massonneau.

Conscient des doutes et des mesures controversées qui entourent ce quinquennat,  dans un contexte mondial très difficile, il faut sans cesse le rappeler, le député du Doubs pense nécessaire aussi de souligner et de valoriser les avancées sociales, économiques, démocratique, et environnementales depuis 2012.

Éric Alauzet a pris cette décision car il ne se reconnait plus dans un groupe qui perd trop d’énergie dans la critique systématiquement des décisions du gouvernement alors qu’il en faut tant pour aborder la complexité du monde et trouver des solutions réalistes.

Pour lui, la rupture est consommée au sein du groupe écologiste à l'assemblée. S'il rejoint le groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain c'est pour participer activement, comme il le fait depuis quatre ans, aux décisions même s'il ne cache pas ses désaccords avec le gouvernement : « c'est l'idée qu'il faut faire le travail, que c'est difficile, qu'il faut changer de modèle de société ; quand la gauche et l'écologie sont au pouvoir il faut y aller ! ».

« Les députés écologistes au sein du groupe SER forment une composante instituée, libre de ses positions, qui inscrit clairement son action dans le cadre de la majorité ; (...) ils conservent leur totale liberté d’expression, d’amendements des textes et de vote ».

Il sera apparenté au groupe.

Pour le parlementaire EELV, « l’heure est au rassemblement des forces de progrès, avec ses différences, ses sensibilités socialistes et écologistes, face à une droite de plus en plus extrême et l’extrême droite qui vampirise notre démocratie ».

Enfin, l’important pour le député, c’est de continuer son travail parlementaire et en particulier dans la lutte contre l’évasion et la fraude fiscale et la reconnaissance et la protection des lanceurs d’alerte, notamment dans la prochaine loi « sur la transparence, la lutte contre la corruption, et la modernisation de la vie économique », ainsi qu’à l’émergence d’un modèle économique durable, autonome et local qui équilibre la mondialisation. Là sont les vrais enjeux.

* Éric Alauzet, François-Michel Lambert, Paul Molac, François De Rugy, Véronique Massonneau et Christophe Cavard

le 20 mai, 2016
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