La reculée de Norvaux

Rattaché à la commune d’Amancey, le lieu-dit de Norvaux est situé en contrebas du village formant une échancrure prononcée dans le plateau au détour de Fertans et de Cléron...

La reculée de Norvaux, formée en plusieurs ravins permet à la Fontaine des Cassard et la source de la Pomme Gaude d’alimenter le ruisseau de Norvaux.

Qui dit court d’eau, dit activité économique, ce fut le cas à Norvaux où de nombreuses fermes s’y installèrent et utilisèrent la force hydraulique pour faire tourner les roues de moulins et actionner les martinets d’une taillanderie. Les ruines des conduites taillées dans le rocher et un barrage sont encore visibles.

La population a décliné avec le temps, aujourd’hui deux maisons sont encore occupées et Norvaux reste très prisé pour les randonnées pédestres avec notamment son belvédère qui offre une vue magnifique.

Si Norvaux ressort beaucoup dans les écrits d’autrefois c’est surtout parce que Alexandre Besson y a vécu une bonne partie de sa vie. Mais qui était donc ce personnage ? Alexandre Besson, est né à Norvaux sur la commune d’Amancey en 1758, son père y est meunier. Il fait des études de droit et devient avocat puis notaire à Ornans et à Amancey. Intéressé par la politique, il y joua très vite un rôle important en étant Conseil Général du Doubs, puis député en 1791.

Elu à la convention et membre de la Loge maçonnique de Paris et Besançon, il vota la mort du roi, Louis XVI. Il intervient pour précipiter la vente des biens des émigrés et leurs mobiliers. Ses ennemis politiques le soupçonnèrent de s’être enrichi par la vente du mobilier de Versailles et de Rambouillet. A la même période, Il acquiert de nombreux biens en Franche-Comté dont les fermes de Norvaux. Administrateur du département du Doubs, membre de la Législative, de la Convention et du Conseil des Cinq-cents, il avait en gestion les forêts et les Salines nationales. Il développa une activité débordante dans l’industrie et les finances. Il devint en autre, Directeur des Salines de Salins, il acheta la faïencerie de Migette, des entreprises de métallurgies ou encore une verrerie à Paris. Au moment de la Restauration, faisant partie des conventionnels qui avaient voté la mort du roi, il fut condamné à l’exil. En réalité, il s’était isolé à Norvaux. Une cachette secrète avait été aménagée où il se réfugiait, en particulier lors des visites des gendarmes d’Amancey. Ceux-ci étaient rapidement repérés par le bruit de leurs chevaux, dérapant sur les cailloux lors de la longue descente de Norvaux.

Alexandre Besson décéda le 29 mars 1826. La place principale d’Amancey porte aujourd’hui son nom.

Sophie GARNIER (D’après les écrits de Claude Barbier, Michel Boillot et Alain Leduc)

le 01 février, 2014
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