Dans les entrailles du château de Joux, pour une étude de son puits

Après le puits de la citadelle de Besançon mesuré à 117,02 mètres de profondeur dernièrement, c'est au tour du puits du fort de Joux près de Pontarlier de livrer ses secrets lors d'un week-end d'étude lancé ce samedi 25 et dimanche 26 avril 2015...

Le puits du fort de Joux est également l’un des plus profonds puits à eau de France avec le puits de la Halle à Cordes-sur-Ciel (Tarn), profond de 113 m.
Comme le précise Pascal Reilé (hydrogéologue franc-comtois) : "il est intéressant de mener une étude au fort de Joux, d’autant plus que le fort est classé monument historique et reçoit de très nombreux visiteurs chaque année. Sur le plan historique cet intérêt serait indéniable. Sur le plan touristique, les éléments recueillis pourraient être utilisés pour la rédaction d’un petit dépliant ou d’un panneau à l’usage des touristes...".

C'est pourquoi, ce samedi 25 et dimanche 26 avril, une équipe composée de Pascal Reilé et Paul Courbon (ingénieur Topographe) ainsi que trois équipes de spéléologues de la région (le club KARSTIC Haut-Doubs / Haute Loue – Ornans, le Spéléo club de ST Hippolyte, le Spéléo club du Mont d’Or) feront des mesures topographiques.
"Il existe des repères géodésiques dans le fort, ce qui nous permettra de définir exactement toutes les altitudes : ancienne margelle du puits, accès actuel et quelques autres côtes permettant de faire un profil vertical détaillé. Les repères de nivellement de la voie ferrée permettront aussi de donner l’altitude exacte du puits « SNCF » et de sa nappe d’eau. La profondeur exacte du puits du fort serait prise à partir de sa margelle avec un distancemètre".

Plusieurs descentes du puits ont déjà été effectuées par des spéléologues et le guide du château. Mais il semble que l’on se soit borné à donner la profondeur atteinte (87 m ou 100 m suivant les sources), sans description précise et sans coupe du puits. Il a aussi été rapporté qu’après les fortes périodes de pluie ou de fonte des neiges, l’eau montait dans le puits une dizaine de mètres au-dessus de son obstruction par les pierres.

Une coloration des eaux au fond du puits sera importante comme nous l'explique l'hydrogéologue et spéléologue Pascal Reilé :  "l’idée du traçage est de savoir si ce karst appartient au bassin de la Loue de l’Areuse ou de l’Orbe en suisse ou est en lien avec la nappe du Doubs ?" 

 Le puits du fort de Joux a donc encore beaucoup de secrets à livrer !

le 22 avril, 2015
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