Manger des grenouilles, bien plus qu’une tradition locale…

En mars c’est la coutume, les restaurateurs proposent des grenouilles fraîches.

Nouées dans l’assiette, au beurre, à la persillade ou à la crème, c’est un véritable délice pour les consommateurs et une aubaine pour les métiers de bouche… Grenouilles du pays ou importées des pays de l’Est, un véritable commerce s’est créé autour de cet amphibien.
Attention ne vous fiez pas à la pancarte «Grenouilles fraîches » à l’entrée de certains restaurants, elle ne prouve rien. Attachez vous à «Grenouilles de Pays » si vous souhaitez manger des grenouilles rousses de Franche-Comté au goût exceptionnel de noisette car en France la majorité des grenouilles consommées sont des grenouilles vertes importées de Turquie ou d’Asie. Dans notre région, nous sommes privilégiés car nos milieux naturels abritent la grenouille rousse sur l’ensemble du territoire. Une des particularités de la grenouille rousse tient à son cycle de vie. En effet, après avoir atteint un âge de 2 à 4 ans (suivant l’altitude) nécessaire à sa maturité sexuelle, elle revient à l’endroit où elle est née pour se reproduire. Puis elle repart vers les milieux terrestres et humides jusqu’au printemps suivant. Les producteurs ont vu la possibilité d’en faire un élevage pour une consommation personnelle ou une revente aux restaurateurs.
Mais attention si le commerce est juteux, il est nécessaire de répondre à une règlementation très spécifique. La vente et l’achat de la grenouille rousse sont strictement interdits, exceptés pour les producteurs ayant obtenu une autorisation de prélèvement.
Aujourd’hui la Direction Départementale des Territoires du Doubs (DDT) ne souhaite pas autoriser la création d’étangs mais plutôt inciter les propriétaires de plan d’eau à régulariser leurs étangs en les déclarant, une démarche simple et gratuite. Ensuite une autorisation de prélèvement est faite, une façon d’assurer en quelque sorte la traçabilité et la protection de l’espèce…
Même si le braconnage existe et semble assez important, il n’est pas le facteur principal de la régression du batracien. C’est la destruction des zones humides et des petits plans d’eau qui est responsable de la disparition de la grenouille rousse, mais là c’est encore un autre sujet…

 

Sophie GARNIER

 

 

le 26 février, 2013
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