L’alpaga : un débroussaillage écologique

Originaire des Andes et d’Amérique du Sud, l’alpaga, cousin du lama vit habituellement à 4500 mètres d’altitude. Pourtant, il n’est pas étonnant de le voir ruminer dans les pâturages de Vuillafans. Qu’est ce qu’un alpaga ? A quelles activités cet animal est-il voué? Nous avons rencontré l’unique éleveuse de la région.

 



Patricia Descours-Jahnke domiciliée à Vuillafans a choisi d’en faire l’élevage en septembre 2006. Ce n’est ni son rêve le plus fou ni une décision mûrement réfléchie. C’est en quelque sorte le fruit du hasard. Une de ses amies vivant en Irlande a dû se séparer de ses dix alpagas. C’est alors qu’en septembre 2006, après être tombée sous le charme de quelques mignonnes photos, qu’un camion en provenance d’Irlande confie dix alpagas (cinq femelles adultes et cinq jeunes) à Madame Descours. Actuellement les cinq femelles sont gestantes et les naissances sont prévues très prochainement. Les raisons pour lesquelles Patricia a adopté ses animaux sont multiples. Elle a tout d’abord craqué pour ce qu’elle qualifie de “peluches vivantes”.
Portée sur l’écologie et la défense de l’environnement, elle a tout de suite été séduite par les qualités de cet animal. Bien qu’originaire des Andes, il s’adapte parfaitement au relief montagneux et au climat continental de notre région. Sa toison dense résiste tant aux hivers rudes qu’aux étés chauds et secs. Doté de coussinets sous les pattes, il ne détériore pas le sol, il adore les ronces et grimpe là où les hommes et les machines ne peuvent aller. Ses dents lui permettent de couper l’herbe de manière uniforme et de ne pas massacrer le terrain. Patricia Descours vient en aide aux personnes âgées et a prêté pour la première fois cet été ses alpagas, qui ont fait un travail remarquable sur les terres souvent abruptes de la vallée. Un formidable moyen de défricher en préservant l’environnement. Contrairement à ce que l’on peut s’imaginer, il ne nous crache pas dessus mais parfois sur ses congénères pour se faire respecter.
La laine d’alpaga , la plus recherchée dans le monde est une fibre fine très haut de gamme plus douce, plus chaude et plus résistante que celle du mouton. Elle propose un grand choix de couleurs naturelles (blanc, noir, beige, bicolore, tricolore) soit plus de 55 nuances différentes. Appartenant à la famille des camélidés tout comme le chameau et le dromadaire, il peut être tondu chaque année de la mi-mai à la mi-août afin que la laine soit d’une longueur suffisante pour l’hiver. Attachée à la ruralité et à la tradition, Patricia souhaite commercialiser sa laine en circuit fermé pour en garantir toute la qualité et la traçabilité. Ne trouvant pas de fileuse pour travailler la laine de ses alpagas, il n’y a pas encore de commercialisation. C’est un produit extrêmement cher, il faut environ 5h pour filer 180 grammes de laine. Il existe des filatures dans les Vosges et en Isère mais par rapport à l’acheteur, l’éleveuse estime que le produit doit avoir une certaine transparence sur l’origine de l’animal. Un des points que Madame Descours souhaiterait développer est la mini randonnée. Un alpaga transportera votre pique-nique jusqu’aux sources de la Loue !
Emilie Cusenier

INFORMATION
Vous souhaitez découvrir ces charmantes petites bêtes :
Tél. 09 61 33 04 12
http://alpagasdelaloue.pagesperso-orange.fr
le 28 septembre, 2007
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