L'agriculture dans le Doubs

Régulièrement classé parmi les départements les plus industriels, le Doubs est également un département important par son agriculture. Les cantons ruraux occupent 90% de la superficie du territoire.

 


Si de manière générale le nombre d’exploitations agricoles se réduit, dans le Doubs, le taux de renouvellement est supérieur à la moyenne nationale. Par ailleurs berceau des coopératives laitières, notre département repose sur l’élevage laitier. 94 000 Montbéliardes produisent chaque année plus de 552 millions de litres de lait destinés essentiellement à la fabrication de fromages et notamment en pâtes pressées cuites. Encore majoritairement spécialisée dans la production laitière (70% du produit agricole), l’agriculture du Doubs présente d’autres caractéristiques. Avec plus de 240 000 têtes de bétail, ce département d’éleveurs exporte dans plus de 50 pays des animaux de souche et s’attache à l’activité de naissage et de finition de vache de réforme. L’activité porcine, peu développée (3% de la production agricole) assure néanmoins un bon débouché pour le lactosérum des fromageries et fait rayonner, par sa production de charcuterie labellisée, le Haut-Doubs au-delà des frontières du département. On assiste depuis une vingtaine d’années à la diversification des produits agricoles. Si la surface toujours en herbe occupe 70% de l’espace agricole utilisé, la production s’oriente vers les cultures fourragères, céréalières et oléagineuses. L’agriculture biologique quant à elle occupe 7358 hectares répartis entre 110 producteurs. Enfin, la forêt qui occupe 43% des 525 000 hectares du département constitue un véritable bassin d’emploi industriel en milieu rural. Les 80 scieries spécialisées dans le travail de résineux constituent un appoint à l’activité agricole.
Laura FRANCO.


50 ans de l’AOC Comté :

Après que les franc-comtois se soient battus pour obtenir une protection juridique pour le Comté, ils obtenaient une consécration définitive de leurs efforts avec la parution le 17 juillet 1958 du premier décret reconnaissant le Comté en tant qu’AOC. Premier fromage AOC français en termes de volume, le Comté représente plus de 50 000 tonnes fabriquées chaque année.
Fromage souvent copié, le Comté a pourtant des règles de fabrication strictes. Les bêtes doivent exclusivement se nourrir dans la zone AOC (Doubs, Jura et Ain) et ne pas consommer d’ensilage. Aucun colorant ni additif ne doivent être apportés au lait qui par ailleurs doit être travaillé dans des cuves en cuivre.
Cinquante ans plus tard, alors que le Comté bénéficie d’une belle réussite tant sur le plan national qu’international, les professionnels de l’Interprofession savent encore ce qu’ils doivent aux anciens qui ont posé de telles fondations et ont décidé de faire de l’année 2008 une année de célébration du cinquantenaire de l’AOC.


Quels sont les enjeux de la coopération ?
Le premier est lié à un phénomène de société : l’individualisme. La difficulté pour les producteurs est de se regrouper et d’avoir une vision à long terme. Actuellement, on gère un patrimoine plutôt qu’on ne l’entretient. Le deuxième enjeu, c’est la disparition des quotas dans la production laitière. Les agriculteurs vont pouvoir produire du lait supplémentaire que les marchés AOC ne sont pas capables d’absorber si on veut maintenir les prix. Une réflexion est en cours pour créer une entité collective d’achat et de vente de lait qui puisse être une interface pour les coopératives et absorber ce lait supplémentaire. (…)

> Questions à Pierre-François Bernard, directeur de la Fédération Départementale des Coopératives Laitières (FDCL) Doubs & Jura :

Quel est le rôle des coopératives en matière d’aménagement du territoire ?
Grâce aux collectes, on a déjà un maillage du territoire car les coopératives ont pour obligation de collecter le lait de tous ses producteurs, quelque soit sa rentabilité. Les coopératives ont également un rôle à jouer dans l’animation locale. C’était le cas avec la traditionnelle coulée : c’était le lieu de rencontre entre des paysans souvent isolés. Aujourd’hui, certaines fruitières ont développé la vente directe, une forme de commerce de proximité qui est essentielle en milieu rural. D’autres ont choisi des produits touristiques comme la « Randonnée des fruitières ». C’est une nouvelle façon de retrouver une reconnaissance sociale qui avait tendance à disparaître en tout cas en matière de visibilité. Et dans un village quand il n’y a plus de coulée on ne sait plus forcément si la fruitière existe, ou alors on ne retient que ses nuisances. Et donc là il y a un lien social à retrouver qui à mon avis est important dans, ce qu’on appelle le « Vivre Ensemble » en milieu rural.

Opération " Infos sur les prix "
Face aux informations parfois erronées sur la hausse des prix des produits alimentaires, les Jeunes Agriculteurs (J.A.) du Doubs sont allés à la rencontre des consommateurs, samedi 29 février 2008 à Houtaud. En début d'après-midi, les J.A. installent une table devant le supermarché E.Leclerc d'Houtaud proposant aux clients de prendre connaissance des prix de vente qu'ils pratiquent, tout en dégustant les produits de la ferme. " L'objectif de cette opération est de donner les prix " départ de ferme " de certains produits afin de les comparer aux prix pratiqués en rayon, ceux que les consommateurs paient ", explique Christophe Chambon, ancien secrétaire général des J.A.
Les renseignements délivrés par les producteurs ont permis aux clients de constater par eux-mêmes les marges pratiquées par la grande surface. Face à la remarque d'une cliente sur la forte hausse du prix d'un pot de cancoillotte entre décembre 2007 et février 2008, les agriculteurs décident de s'adresser au responsable du rayon afin de valider l'information. Effectivement, en décembre, alors que le pot de cancoillotte est acheté 1,70 e au producteur, il est revendu 1,75 e en rayon. En février, ce même pot acheté 1,90 e est vendu 2,43 e. Si les agriculteurs expliquent reporter la hausse des matières premières sur leur prix de vente, l'enseigne de supermarché, quant à elle, ne fait aucun commentaire.

> Les mercredis de l’agroalimentaire
À la demande des professionnels et des organismes d’accueil (Missions locales et ANPE) qui manquent d’outils pour faire connaître les filières agroalimentaires, l’École National d’Industrie Laitière de Mamirolle a mis en place des journées de découverte. Des journées placées sous le signe de la convivialité au cours desquelles demandeurs d’emplois et jeunes en quête de formations professionnelles pourront s’essayer à diverses activités. À travers la fabrication de fromages, viennoiseries, pains, … les différents métiers et les formations pour y accéder seront présentés. Rendez-vous les 23 avril et 14 mai 2008. Inscriptions obligatoires, prendre contact avec Claude Moine pour tous renseignements,
03 81 55 92 00.

Repères :
La production de lait en Franche-Comté :
- plus de 5000 exploitations (94330 en France)
- plus d’un milliard de litres
de lait produit
(plus de 22 au niveau national)

La Filière Comté :
- 3200 exploitations
sur le Doubs, le Jura et l’Ain
- 450 millions de lait AOC
- plus de 700 salariés
dans les fruitières
- 175 ateliers de fabrication,
les fruitières,
dont 150 adhérentes à la FDCL
- 20 entreprises d'affinage
le 28 mars, 2008
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